Rachat d’Opel : un bilan déjà positif pour PSA

Rachat d’Opel par PSA : on fait le bilan un an après

Un an après le rachat d’Opel par PSA, l’heure est au bilan. Bien que l’ancienne filiale de General Motors ne semble pas avoir beaucoup changé en 12 mois, de nombreux chantiers ont été lancés en interne afin de relancer la marque. Une raison suffisante pour s’intéresser au nouveau visage d’Opel sous l’ère PSA.

La production : un premier chantier réussi pour Opel

C’était le 1er août 2017 : PSA devenait officiellement le propriétaire d’Opel et de Vauxhall, sa filiale anglaise. À cette occasion, Carlos Tavares avait annoncé comme objectif un retour à la rentabilité pour 2020. Une ambition qui semblait difficile à atteindre, tant la marque à l’éclair était déficitaire depuis de nombreuses années (la dernière année bénéficiaire remonte à 1999). Et pourtant, le constructeur allemand a déjà enregistré des bénéfices au cours du premier semestre 2018, à hauteur de 502 millions d’euros. Une nouvelle prouesse pour le PDG de PSA qui, en 2014, avait déjà surpris son monde en redressant un groupe tricolore au bord de la faillite.

Si rien ne semble avoir changé dans les concessions, les transformations se sont, en réalité, faites en interne. À travers le plan de relance mis en place, la direction de PSA n’a pas souhaité opéré un trop grand virage. Pour preuve, elle a maintenu le siège d’Opel à Rüsselsheim et son directeur Michael Lohscheller en place. L’objectif ? Conserver l’identité de la marque et ne pas froisser l’Allemagne. En revanche, la majorité des postes décisionnaires ont été accordés à des Français, et tout spécialement en ce qui concerne la direction financière.

À la suite de quoi, Carlos Tavares s’est attaqué à la rentabilité des usines, principal chantier pour rendre Opel de nouveau compétitif. Pour cela, la direction est allée à la confrontation avec les syndicats sur plusieurs sites. Il faut dire que la situation ne pouvait plus attendre, dans la mesure où General Motors, à travers Opel, a accusé un déficit de 20 milliards d’euros depuis 1999. Selon Michael Lohscheller, les coûts de production d’Opel étaient deux fois plus importants que ceux de PSA, tandis que la production de véhicules par salarié était 20 à 30% moins importante. De nombreuses actions de force ont ainsi été entreprises par PSA pour corriger le tir. Gel des salaires contre promesse d’investissement, annulation d’augmentations de salaire, mise en place de plans de départs volontaires en Allemagne et en Angleterre… autant de mesures qui ont permis d’améliorer considérablement la compétitivité des usines.

Les prochains objectifs de PSA pour Opel

Après avoir solutionné la question de la rentabilité des usines, PSA risque fort de s’intéresser désormais à la compétitivité et à l’organisation du réseau de distribution. Là aussi, les choses pressent. En effet, environ 40% des immatriculations d’Opel sont réalisées avec des véhicules de démonstration qui sont revendus à un prix cassé ou grâce à des loueurs de courte durée. Quant aux ventes auprès des particuliers, elles sont généralement réalisées grâce à de très importantes remises. Pour l’heure, aucun calendrier n’a été donné pour fixer les prochaines étapes de la transformation interne. Pourtant, il semblerait que la refonte s’opère très rapidement, tant PSA souhaite améliorer la rentabilité des ventes, tout en coupant le plus rapidement possible les derniers liens techniques qui existent entre la marque allemande et General Motors.

L’avenir produit, quant à lui, semble déjà tracé pour Opel. Il faut dire que deux modèles sont déjà entièrement compatibles avec PSA, à savoir le Grandland X et le Combo, fruits d’un précédent partenariat avec General Motors. Mais à n’en pas douter, c’est bien la future Corsa qui marquera le point de départ d’une nouvelle gamme pour la marque à l’éclair. Prévue à l’horizon 2019, elle constitue la toute première nouveauté à avoir été annoncée dans le plan stratégique du groupe. Cette citadine devrait embarquer la plateforme CMP qui sera, elle-même, inaugurée avec le lancement de la DS3 Crossback d’ici quelques semaines.

Côté production, PSA a offert un cap aux différentes usines de la marque allemande. Les efforts qui ont été consentis par les salariés se sont vus récompensés par des promesses d’investissement et de production. À titre d’exemple, le Grandland X devrait être produit à partir de 2020 en Allemagne, tandis que le nouveau Vivaro sera assemblé en Angleterre dès 2019. Plusieurs promesses de production ont également été faites pour des sites situés en Pologne, Hongrie et Autriche.

Seul point noir pour Opel après un an : son internationalisation timorée. Concentrée presque exclusivement sur l’Europe, la marque à l’éclair cherche à étendre son marché. L’objectif annoncé par PSA reste pour le moment modeste. Le groupe souhaiterait en effet que 10% des ventes soient réalisées en dehors de l’Europe à l’horizon 2025. Les premières pistes se concentrent d’ailleurs principalement vers l’Afrique à l’heure actuelle, et tout particulièrement au Maghreb.

Un rachat qui dynamise les ventes de PSA

Alors que le bilan de PSA au 1er semestre 2017 avait été quelque peu grevé par le rachat d’Opel, les choses ont changé un an plus tard. Après 6 mois, le groupe tricolore affiche en effet un bénéfice net record de 1,48 milliard d’euros, soit une progression de 18% par rapport à l’année précédente. Et si le rachat d’Opel et Vauxhall permet à PSA d’accroitre son chiffre d’affaires, il a aussi présenté l’avantage de ne pas entacher la marge opérationnelle du groupe qui s’élève à 7,8%.

Preuve de la bonne santé d’Opel, PSA a également profité de l’acquisition de la marque allemande pour faire de l’ombre à Renault sur le premier semestre 2018. Certes, la marque au losange domine toujours Peugeot en France et à l’international. Mais PSA est devenu le premier groupe tricolore, devant le groupe Renault, sur cette période. Grâce à 2,2 millions de ventes et une progression de 38,1%, en grande partie due à Opel, le groupe français est parvenu à dépasser son ennemi de toujours. Un résultat qui reste cependant à confirmer et qui passera, à n’en pas douter, par la poursuite de la restructuration d’Opel.

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