Marché automobile français 2017 : nombre de ventes et stratégies

Quel est l’état du marché automobile français en début d’année 2017 ?

Les mois de janvier et de février sont toujours intéressants pour anticiper les grandes tendances de l’année à venir en ce qui concerne le marché automobile français. Et 2017 ne semble pas échapper à la règle. Entre un nombre de ventes en hausse, l’omniprésence des constructeurs hexagonaux et le développement des ventes tactiques : découvrez l’état du marché automobile français en début d’année 2017.

Un début d’année prometteur pour le marché automobile français

Le mois de janvier a été la belle surprise de ce début d’année 2017. Le marché automobile français a en effet affiché un bond de 10,6% par rapport à la même période de l’année précédente. Selon le CCFA (Comité des constructeurs français d’automobiles), ce sont d’ailleurs près de 153 000 véhicules neufs qui ont été commercialisés. Cependant, cette croissance à deux chiffres se doit d’être relativisée au vu du calendrier. Il faut effectivement tenir compte du fait que janvier 2017 compte deux jours ouvrables supplémentaires par rapport à janvier 2016. Malgré cela, cette progression semble de bon augure pour le marché automobile tricolore.

L’autre grande info de ce mois de janvier concerne le diesel. Moins de 50% des ventes de voitures neuves en France ont concerné des véhicules fonctionnant au gazole. Un constat pas si anodin car c’est la première fois que cela arrive depuis 2000. Les voitures diesel ont ainsi représenté précisément 47,9% des ventes de véhicules neufs en janvier 2017. On est très loin des 73% atteints en 2012 et davantage encore des 79% en 2009. Une tendance qui ne semble pas prête de s’inverser, notamment à cause des différentes affaires de moteurs truqués (Volkswagen en 2016, Renault en 2017) et de l’augmentation progressive du prix du gazole appliquée par les pouvoirs publics (4 centimes de plus au 1er janvier 2017).

Les constructeurs français maintiennent leur avance

Une autre tendance se dessine en ce début d’année 2017 : la bonne santé des constructeurs français. En janvier, 56% des ventes ont en effet été réalisées par une marque tricolore. Avec un peu moins de 13% de part de marché, Volkswagen était le premier constructeur étranger sur le marché français.
Cette mainmise sur le marché, c’est l’œuvre des deux mastodontes français : PSA (Peugeot, Citroën et DS) d’un côté et Renault (avec Dacia) de l’autre. Toujours en janvier 2017, le groupe PSA a ainsi écoulé 47 000 véhicules neufs, soit une progression de 9,7% par rapport à la même période de l’année dernière. Quant à la marque au losange, elle a annoncé avoir vendu environ 36 000 voitures neuves, soit une hausse de 12,6% (incluant les ventes Dacia). Cette croissance est en grande partie due aux succès de la Peugeot 3008, élue voiture de l’année, du côté de PSA et du Scénic pour Renault. Ce regain de forme, on avait déjà pu le constater à l’occasion du Salon de Genève 2017, où les deux constructeurs hexagonaux n’avaient laissé personne indifférent.

Au niveau européen, la croissance est aussi au rendez-vous

Si le marché automobile français en 2017 semble dynamique, c’est aussi le cas au niveau européen. Après une année 2016 positive, le marché automobile européen a vu 1,17 millions de véhicules particuliers neufs être vendus en janvier, soit une augmentation de 10,2%.
La croissance de PSA et de Renault au niveau national a également pu être constatée au plan européen. Le premier a vu ses ventes progresser de 6,8% en janvier, contre 10,4% pour le second. Toutefois, c’est toujours Volkswagen qui domine d’une main de fer le marché européen. Pour preuve, le constructeur allemand représente 24,1% des ventes de janvier 2017 (incluant ses 12 marques) et a affiché une progression de ses immatriculations de 10,3%. Tandis que la marque phare du groupe, à savoir Volkswagen, a connu une croissance de près de 11%, Seat a frôlé les 26% de croissance. Des chiffres d’autant plus impressionnants lorsqu’on les compare avec ceux d’Audi par exemple (+2,7%).

Une embellie en trompe-l’œil ?

La croissance record du marché automobile français et européen semble cependant être un trompe-l’œil. Après une progression de 10,6% en janvier, le mois de février a vu un recul de 2,9% du nombre de voitures particulières neuves vendues (par rapport à février 2016). Les constructeurs français sont d’ailleurs ceux qui sont les plus touchés : une diminution de 5,8% en février 2017, contre une progression de 0,4% pour leurs homologues étrangers. Mis à part Dacia qui a progressé de 5,6%, toutes les autres marques françaises ont régressé. C’est le cas de Peugeot (-7,7%), de Citroën (-3,1%), de Renault (-6,3%) mais surtout de DS avec un recul record de 34%. Une question se pose donc : cette chute du nombre de nouvelles immatriculations est-elle un épiphénomène ou révèle-t-elle autre chose ?

En analysant d’un peu plus près les données collectées par le CCFA, un élément nous saute aux yeux : la recrudescence des immatriculations dites « tactiques » en ce début d’année 2017. Ce procédé consiste à immatriculer des voitures qui, à défaut d’être vendues, sont placées chez les concessionnaires pour des essais ou dans le parc de loueurs de courte durée. L’objectif est clair : gonfler de façon artificielle le nombre de ventes. Cette technique pour enjoliver la réalité des chiffres progresse d’ailleurs continuellement. Alors que les ventes aux concessions et loueurs représentaient 21% en 2010, elles ont atteint 26% en 2015 et 28% en 2016. À en croire les résultats de janvier, 2017 semble aller dans le même sens. En la matière, Dacia fait cependant figure de bon élève. La filiale de Renault n’a en effet réalisé que 13% de ventes tactiques en 2016 en France. À l’opposé, Fiat a réalisé 45% de ses ventes auprès de loueurs et concessionnaires l’année passée. Bien qu’à court terme cette pratique permette de dynamiser ses résultats, elle peut avoir de graves conséquences à long terme d’un point de vue financier. Effectivement, ces véhicules sont ensuite vendus à un prix inférieur par rapport à une voiture neuve, de l’ordre de 20%.

Après un mois de janvier en trombe (+10,6%), le marché automobile français a reculé en février. Le calendrier (deux jours ouvrables supplémentaires cette année) et l’augmentation des immatriculations tactiques rendent difficile l’analyse de ce début d’année 2017. Toutefois, les constructeurs français semblent tirer leur épingle du jeu et connaître de nouveau la croissance. Le bilan du premier trimestre 2017 sera certainement décisif pour mieux comprendre et anticiper les grandes tendances de l’année à venir.

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