Les tendances de l’industrie automobile pour 2040

Moins de concessions, plus d’expérience client : KPMG dresse les futures tendances du secteur automobile

Diminution du nombre de points de vente physiques, délocalisation de la production qui s’accélère, essor de la relation client et avenir des motorisations : KPMG a dressé les grandes tendances de l’industrie automobile pour les 20 années à venir. Focus sur les évolutions qui pourraient bouleverser un secteur déjà en pleine mutation.

La production et la distribution, deux maillons qui sont amenés à évoluer

Comme chaque année, le cabinet d’études KPMG s’est intéressé aux grandes tendances qui animent l’industrie automobile actuellement et pour les années à venir. Les résultats s’appuient sur un sondage réalisé auprès de 1 000 dirigeants du secteur automobile et technologique et de 2 000 consommateurs à travers le monde.

Premier enseignement, la production et la distribution devraient largement évoluer d’ici 2030. Pour 2 dirigeants sur 3, moins de 5% des véhicules seront fabriqués en Europe de l’Ouest, contre 15% actuellement, soit environ 6,1 millions de véhicules chaque année. Tout le monde s’accorde à dire que le Vieux Continent va devoir faire face à une importante restructuration de son secteur productif, notamment via davantage de coopération entre les constructeurs et une spécialisation de certains acteurs. Selon KPMG, le salut de l’Europe passera incontestablement par une prise en compte accrue du recyclage, l’automatisation des processus de fabrication et le développement d’une main d’œuvre numérique. Mais en contrepartie, la dépendance vis-à-vis de la Chine continuera à augmenter.

La distribution devrait aussi être totalement bouleversée dans le futur. Pour la moitié des cadres interrogés, le nombre de points de vente physiques, tels que nous les connaissons aujourd’hui, devrait être réduit de 30 à 40% d’ici 2025. Une grande question se pose donc pour les marques : comment réinventer l’usage des concessions existantes et comment les transformer en nouvelles sources de revenu ? Tout laisse à croire que ces points de vente deviendront des centres de services, des hubs de véhicules partagés ou des espaces dédiés à l’expérience client (et plus uniquement à la vente).

La relation client, la clé de la rentabilité pour les acteurs de l’automobile

Face à cette situation, où il devient de plus en plus difficile d’avoir un contact physique avec les automobilistes, la valeur des clients ne devrait cesser d’augmenter. Conséquences ? La compréhension des attentes des automobilistes, la création d’une relation personnelle et l’expérience client vont devenir des enjeux majeurs pour tous les acteurs de l’industrie automobile. Si la valeur moyenne d’un client en concession est aujourd’hui de 41 000€, ce montant devrait exploser dans les décennies à venir, tout particulièrement face au développement de solutions toujours plus technologiques et, par conséquent, toujours plus onéreuses.

Autre enseignement, le digital redevient la thématique centrale du secteur à en croire les répondants. Alors que la mobilité électrique occupait toutes les pensées depuis maintenant 2 ans, la connectivité et la digitalisation – notamment du parcours d’achat auto – redeviennent l’élément le plus important. Pour 6 personnes sur 10, le digital sera même l’élément clé qui animera l’industrie jusqu’en 2030. Cela traduit d’ailleurs l’importance d’avoir une voiture plus connectée, simple d’utilisation et avec une interface transparente, prémices d’un nouvel écosystème qui devrait devenir la norme. Mais c’est aussi la preuve que l’expérience client est plus importante que jamais, dans la mesure où elle passera quasi exclusivement par des outils digitaux, à l’image de la data qui réinvente la relation client dans l’automobile.

L’hybride devient la norme, avant de céder sa place à l’électrique

L’étude KPMG laisse aussi à penser que les énergies alternatives vont occuper une place centrale dans les années à venir. D’ici 2040, la moitié de l’offre énergétique sera électrique (30% pour les véhicules à batterie et 23% pour les piles à combustible électriques) et 25% sera hybride. Les motorisations thermiques devraient d’ailleurs être sur le point de disparaître, au point de ne plus représenter que 23% du marché. La transition va néanmoins se faire en douceur. Pour preuve, à la question « Quel type de véhicule achèteriez-vous dans les 5 années à venir ? », l’hybride ressort en tête avec 35% des réponses. Si l’électrique s’en sort bien en cumulant ses différentes solutions (batterie, pile à combustible, etc.), ce sont bien les énergies fossiles qui sont toujours citées en deuxième. Un résultat qui symbolise le sentiment de la majorité des automobilistes : la mobilité électrique n’est, à l’heure actuelle, pas assez développée pour devenir la norme. Pour s’imposer aux yeux des particuliers et des industriels, l’électrique devra lever plusieurs barrières, principalement le coût des batteries et la recharge.

Dans un autre domaine, l’étude révèle que la mobilité à la demande ou « Mobility as a Service » pourrait totalement transformer la façon dont nous consommons l’automobile. C’est d’ailleurs tout particulièrement la voiture partagée qui pourrait s’imposer comme une solution d’avenir. Pour se développer, elle devra néanmoins permettre une meilleure personnalisation de ses services. L’enjeu est de transférer la personnalisation du véhicule (réalisée à l’heure actuelle au moment de la production) vers l’usage. Autrement dit, permettre aux utilisateurs d’adapter chaque véhicule partagé à ses besoins propres.

Enfin, la majorité des répondants estime que la conduite autonome devrait devenir centrale d’ici 2030. Pourtant, plus de 70% des dirigeants pensent que les véhicules autonomes entraineront des accidents s’ils ne sont pas séparés des véhicules classiques. Pour KPMG, les futurs leaders de l’industrie automobile seront d’ailleurs ceux qui parviendront à combiner différentes solutions de mobilité (l’électrique et l’autonome par exemple), tout en s’appuyant sur des infrastructures performantes (connectivité 5G, accès au réseau électrique, etc.).

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