La mobilité de demain décryptée au Mondial de l’Auto

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La mobilité du futur sera électrique, autonome et partagée

L’édition 2018 du Mondial de l’Auto fait peau neuve. Rebaptisé Mondial Paris Motor Show, l’événement fait désormais la part belle aux motos et aux supercars. Plus important encore, il héberge des stands consacrés aux innovations technologiques et aux nouvelles formes de mobilité. L’occasion pour les professionnels de l’automobile de répondre à une question : quel sera l’avenir de la mobilité ? À travers des débats, présentations et autres tables rondes, ils ont présenté leur vision de l’automobile pour demain.

Vers une voiture partagée et des déplacements réduits

Avant même l’ouverture des portes au grand public, le Paris Motor Show inaugurait le Mondial Tech, un événement regroupant les professionnels et s’intéressant aux nouvelles solutions de mobilité. À cette occasion, les constructeurs, les équipementiers, les politiques et les inventeurs se sont réunis afin de confronter leur vision de l’avenir et de définir les défis à relever pour y parvenir.
Première constatation : la place de l’automobile dans la société semble vouée à évoluer. Alors que de nombreux modèles jouent des coudes pour être la star du Mondial de l’Auto, à l’image du concept rétro-futuriste Peugeot e-Legend et de la DS3 Crossback, la voiture individuelle ne semble pas être la norme pour demain. C’est en tout cas ce qu’estime Luc Chatel. L’ancien Secrétaire d’État chargé de l’Industrie et de la Consommation, devenu le nouveau directeur de la Plateforme de l’Automobile, estime en effet que la voiture ne peut plus être un signe d’ascension sociale et de liberté. Un point de vue qui fait écho au rapport alarmant du GIEC qui préconise de considérablement réduire le parc automobile mondial.
Un constat partagé par Thierry Mallet, le président du groupe Transdev. Pour lui, les embouteillages croissants sont la preuve qu’il faut développer la mobilité douce. L’objectif est également de diminuer le nombre de trajets, notamment en supprimant tous ceux qui sont inutiles. À plus ou moins court terme, ce sont tout particulièrement les villes qu’il faudra désengorger. Pour Anne Hidalgo, la maire de Paris, il faut être en mesure de se passer des véhicules personnels, rappelant que 1,2 million de Franciliens sont encore exposés à un air dont le niveau de pollution est au-delà des normes définies par l’OMS.
Cette mobilité durable et partagée est voulue par d’autres acteurs. Même s’ils ont des divergences quant à la façon d’y parvenir, les principaux intéressés s’accordent sur un point : la mobilité durable n’est possible que si les agglomérations sont transformées en ville intelligente, permettant ainsi de rendre les déplacements plus fluides et plus courts.

La technologie au cœur de la mobilité de demain

Dans cette quête de la mobilité de demain, la technologie joue un rôle central. Après avoir misé sur la puissance puis sur le confort intérieur (divertissements, audio, etc.), les constructeurs s’attaquent à un nouveau chantier : la voiture autonome. Pour mener à bien ce défi, Gary Shapiro, le président du CTA (Consumer Technology Association), estime que tous les acteurs doivent nouer des partenariats, du constructeur aux inventeurs de logiciels.
La technologie pose également la question de l’énergie de demain. Si Valeo croit dur comme fer à la voiture électrique, malgré les réserves environnementales qu’elle suscite, d’autres pensent qu’il faut multiplier plusieurs formes de mobilité. Pour Isabelle Kocher, la Directrice Générale d’Engie, l’hydrogène peut également être une solution, à condition de développer les infrastructures nécessaires. Si à l’heure actuelle l’électrique n’est que très peu mis en avant par les constructeurs, les choses devraient rapidement changer. La diminution du prix des batteries devrait permettre aux marques d’accentuer leur marge et, par conséquence, de se consacrer davantage à la promotion de cette énergie « propre ». Et à ce petit jeu, la Chine, futur poids lourd de l’automobile mondial, va avoir un rôle important. Largement en avance dans le domaine, l’Empire du Milieu a d’ailleurs participé à la création de la Sybilla, une supercar capable de stocker de l’énergie et présente au Mondial de l’Auto.
Mais la technologie semble aussi être la clé d’une mobilité plus intelligente. Alors qu’une majorité de la population vivra au sein de zones urbaines dès 2030, les innovations doivent permettre de développer le partage de véhicules. L’utilisation des données est d’ailleurs au cœur des débats, tant les informations utilisateurs et infrastructures sont importantes pour parvenir à créer de nouveaux services de partage plus efficaces. Et de nombreux chantiers devront être réglés, dont celui de la protection de la vie privée et du développement d’un nouveau service de télécommunication, dans la mesure où le futur réseau 5G semble ne pas être suffisant pour mener à bien ce défi.

Des divergences importantes sur la mobilité du futur

La plupart des acteurs s’entendent à dire que la mobilité de demain passera par la technologie, le numérique et les nouvelles énergies. Toutefois, tout le monde n’est pas d’accord sur la place que devra occuper la voiture dans ce nouveau monde. Pour les villes, dont Anne Hidalgo était en quelque sorte la représentante, la mobilité doit devenir autonome, partagée et douce (en développant davantage les déplacements à vélos par exemple). Pour y parvenir, de nouveaux moyens de transport doivent être inventés, tout en assurant une intermodalité plus efficace. De nombreux projets sont d’ailleurs à l’étude : faire de la Seine un espace navigable avec les Seabubbles, créer des navettes autonomes à Vincennes ou encore se pencher sur la question du dernier kilomètre. Autant d’idées qui semblent vouloir la fin, ou tout du moins la diminution, de la voiture personnelle afin de désengorger les villes.
Pour les constructeurs, enjeux économiques obligent, la voiture individuelle ne peut pas disparaitre. Pour Carlos Chosn et Carlos Tavares, les PDG de Renault et de PSA, la question est davantage de développer une mobilité autonome et électrique. Ils sont convaincus que ces deux solutions vont prendre une place croissante dans la société à moyen terme. Sans consensus entre les pouvoirs publics et les constructeurs sur le sujet, il semble difficile pourtant de parvenir à créer la mobilité du futur. La coopération entre les différents acteurs semble donc, plus que jamais, indispensable afin de faire de l’électrique, de l’autonome et du partage des notions d’avenir.

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