En France et en Europe, l’automobile se porte mieux que jamais

Bilan du marché automobile français et européen au 1er semestre 2018

Après un premier semestre 2018 positif, les marchés automobiles français et européens poursuivent leur progression. Une première moitié de l’année marquée par une hausse globale des immatriculations neuves, une explosion des SUV et l’inexorable chute du diesel.

Un marché automobile européen au beau fixe

Avec des immatriculations records, le marché automobile européen se porte mieux que jamais. L’occasion de se pencher sur les gagnants et les perdants du premier semestre 2018, ainsi que sur les grandes tendances de cette première moitié de l’année.

L’Espagne et la France tirent le marché européen

Grâce notamment à un mois de juin record, qui a vu une hausse de 5% des immatriculations, le marché automobile européen est au beau fixe. Pour preuve, sur les 6 premiers mois de l’année, les ventes de voitures neuves ont progressé de 2,9% sur le Vieux Continent pour atteindre 8,45 millions d’immatriculations.
Ce sont d’ailleurs surtout l’Espagne et la France qui ont su tirer le marché européen vers le haut, avec des croissances respectives de 10,1% et de 4,7% par rapport au premier semestre 2017. Si l’Allemagne fait également partie des bons élèves avec une progression de 2,9%, deux pays d’envergure voient leur marché reculer : l’Italie (- 1,4%) et surtout le Royaume-Uni (- 6,3%).

Volkswagen toujours devant, les Français s’accrochent

Un groupe profite principalement de la bonne santé du marché européen. Il s’agit de Volkswagen, dont les ventes ont augmenté de 8% sur le premier semestre 2018. Résultat, le groupe voit sa part de marché progresser de 1 point par rapport à l’année derrière et atteindre 24,4%. Un résultat dans la continuité de 2017, année durant laquelle le constructeur allemand a affiché des bénéfices records. Au sein du groupe, c’est tout particulièrement la marque Volkswagen qui fait forte impression avec une croissance de 16,8% en juin. Une performance due en grande partie à son nouveau SUV, le T-Roc. Mais les autres filiales du groupe, à savoir Porsche, Seat, Skoda et Audi, affichent également une belle croissance sur la période.
Sur le premier semestre 2018, PSA remporte son duel à distance avec Renault. Le groupe renforce sa seconde place sur le Vieux Continent, notamment grâce au rachat d’Opel et Vauxhall. Le groupe détenant notamment Peugeot et Citroën voit ainsi sa part de marché grimper de 5,9 points pour atteindre 16,3% sur les 6 premiers mois. Un résultat qui ne devrait aller qu’en s’améliorant, tant la restructuration d’Opel semble être sur la bonne voie. C’est Renault qui complète le podium avec une légère hausse de ses ventes de 1,9%. On note toutefois la belle performance, une fois encore, de sa filiale low-cost Dacia qui progresse de 11,5% en juin.

Les SUV et l’hybride au top, le diesel fait un flop

À l’échelle européenne, l’explosion du segment des SUV se fait particulièrement ressentir. Nouvelle alternative aux monospaces et aux familiales, le SUV parvient à combiner les atouts de ces deux derniers, tout en affichant un style plus moderne. Les constructeurs l’ont bien compris et ont multiplié les modèles, permettant au segment de progresser de 24% sur les 6 premiers mois de l’année. Même la crise du diesel ne semble pas affecter ce modèle, dans la mesure où les automobilistes se reportent sur des versions hybrides et essence désormais.
Si le recul du diesel est moins perceptible en France, il s’accélère en Europe. Sur le premier semestre 2018, les ventes de véhicules gazole ont reculé de 17%, notamment à cause des nouvelles réglementations en matière d’émissions de CO2. Avec des baisses records dans certains pays, dont la Norvège (- 32%), le Royaume-Uni (- 30%) et la Slovénie (- 28%), le diesel ne représente plus que 37% du marché automobile européen, son plus faible niveau depuis 2001.
A contrario, les ventes de véhicules électrifiés progressent de 31% sur la première moitié de l’année, atteignant ainsi plus de 450 000 immatriculations. Un résultat qui confirme la relative bonne santé du marché électrique mondial. Les véhicules hybrides, hybrides rechargeables et électriques représentent désormais 5,4% de part de marché, notamment grâce à la Norvège dont 56% des nouvelles immatriculations sont électrifiées. On notera toutefois que les seules voitures électriques ne pèsent que pour 3,4% du marché des véhicules électrifiés.

Un marché automobile français qui poursuit sa renaissance

La bonne santé du marché automobile européen s’applique également en France. Pourtant, tous les constructeurs et segments ne profitent pas de cette embellie.

Peugeot et Renault continuent à se tirer la bourre

Si tout semble aller pour le mieux sur le Vieux Continent, c’est également le cas dans l’Hexagone. Sur le premier semestre 2018, la France a réalisé près de 1,2 million de ventes de véhicules neufs, soit une progression de 4,7% par rapport à l’année dernière.
Bien que Renault domine toujours le classement des marques et des constructeurs sur le sol national, son avance sur Peugeot et PSA ne cesse de se réduire. Malgré une progression de 2,3%, Renault voit la marque au lion se rapprocher grâce à une croissance record de 7,6%. Seules 10 000 ventes séparent désormais les deux constructeurs. Si Citroën s’empare de la troisième place, la surprise est ailleurs : Dacia conclut le semestre en quatrième position avec une hausse de 20,8%. Grâce notamment au nouveau Duster, le constructeur roumain réussit l’exploit de passer devant l’incontournable Volkswagen. Derrière, on peut souligner le renouveau de Fiat et de DS, ainsi que la chute de Nissan et d’Audi.

La Clio 4 et les SUV : bestsellers du premier semestre 2018

Comme chaque année, et malgré sa retraite qui approche, la Clio 4 reste la voiture la plus vendue sur le premier semestre. Avec plus de 70 000 nouvelles immatriculations, la citadine Renault est loin devant la 208 et ses 56 000 ventes. Peugeot se console cependant en s’emparant de la troisième place grâce au 3008.
Tout comme au niveau européen, les SUV continuent leur affolante progression. Ils passent même un nouveau cap en représentant désormais un tiers des nouvelles immatriculations en France. Bien aidé par le succès du Peugeot 3008, du Renault Captur, du 2008 et du Dacia Duster notamment, les SUV progressent de 5% sur un an et détiennent à présent 36% de part de marché. Conséquences ? Les catégories plus traditionnelles poursuivent leur dégringolade, à l’image des monospaces (- 11%) et des breaks (- 6%).

Le diesel chute mais se stabilise

Même constat que sur le Vieux Continent : le diesel n’a représenté que 40,33% des nouvelles immatriculations au premier semestre 2018, alors qu’il réalisait encore 47,37% des ventes à la même époque l’année dernière. Il s’est toutefois stabilisé aux alentours de 40% depuis mars.
Sans surprise, c’est l’essence qui en profite et qui détient désormais près de 54% de part de marché. C’est également le cas de l’hybride qui, principalement grâce au succès de Toyota sur le segment, réalise plus de 52 500 immatriculations de véhicules neufs sur la période, contre moins de 40 000 l’année passée. Si l’hybride représente désormais 4,42% du marché français, l’électrique peine toujours autant à décoller. Seuls 826 véhicules de plus se sont écoulés par rapport au premier semestre 2017, pour un total d’un peu plus de 14 300 immatriculations neuves. Un sentiment d’échec pour le marché de l’électrique, du en partie au manque de nouveautés.

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