De nouveaux noms pour tous les carburants

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Les carburants changent de nom en France… et dans toute l’Europe

À partir du 12 octobre, les automobilistes sont susceptibles d’être quelque peu désorientés face aux pompes à essence. En effet, la signalétique et les noms des carburants évoluent dans le cadre d’une harmonisation européenne. L’occasion de découvrir les nouveaux noms des carburants, les raisons de ces changements et leurs premières conséquences.

À chaque carburant son propre sigle

Depuis peu, la signalétique au sein des stations essence a commencé à évoluer. À partir du 12 octobre prochain, les termes Diesel ou encore SP98 vont disparaitre, laissant place à de nouvelles règles d’affichage. Concrètement, chaque carburant sera représenté par une forme géométrique, une lettre et un chiffre.
Le diesel est remplacé par un B dans un carré : la lettre B fait référence à biodiesel, tandis que le chiffre indique le taux de bio-composant utilisé par le carburant. Raison pour laquelle le diesel classique, qui ne contient que 7% de matières bio, devient B7. À la pompe, les automobilistes retrouveront également le B10, contenant 10% de biocarburant, et le XTL, à savoir du gazole paraffinique de synthèse composé en partie d’huile et de gaz. Ces trois sigles seront à chaque fois représentés dans un carré.
L’essence est symbolisée par un E dans un rond : en toute logique, le E fait référence à essence. Cette lettre est associée à un chiffre qui indique le taux d’éthanol entrant dans la composition du carburant. Il n’y aura donc plus de différence entre le sans plomb 95 et le sans plomb 98, tout deux désignés par le sigle E5 désormais. Le SP95 E10 devient tout simplement l’E10, tandis que le super-éthanol est rebaptisé E85. Ces différents sigles seront encadrés d’un rond.
Les carburants gazeux sont entourés d’un losange : l’ensemble des carburants de type gazeux sont désormais encadrés par un losange. Leur dénomination change également puisque l’hydrogène devient H2, le gaz naturel comprimé est renommé CNG (pour compressed natural gas), le gaz de pétrole liquéfié est baptisé LPG (pour liquefied petroleum gas) et le gaz naturel liquéfié prend le nom de LNG (pour liquefied natural gas).

Les nouveaux sigles devront obligatoirement être présents à deux endroits différents : sur les pompes et sur la tête des pistolets. Bien que la date du 12 octobre soit indiquée, il se peut qu’il y ait une période de transition, dans la mesure où le changement d’étiquetage peut prendre un peu de temps aux stations essence. Il se peut également que l’ancienne signalétique et la nouvelle se côtoient quelque temps afin de ne pas perdre les conducteurs. Tous les véhicules produits à partir de cette date devront également mentionnés cette nouvelle signalétique sur les trappes à carburant, afin d’indiquer à l’automobiliste quel est le carburant adapté à son véhicule.

Une nouvelle signalétique pour simplifier les déplacements en Europe

L’année 2018 est marquée par de nombreux changements mis en place pour respecter des décisions prises par l’Europe. Après avoir durci les règles du contrôle technique en mai, le gouvernement a appliqué le nouveau protocole d’homologation WLTP. La modification de la signalétique des carburants vise également à suivre une directive européenne. Datant de 2014, celle-ci a pour objectif d’harmoniser l’étiquetage des carburants à l’échelle de l’Europe. Ces nouvelles dénominations seront appliquées dans les 28 pays membres de l’Union européenne et dans 7 pays voisins : l’Islande, le Lichtenstein, la Norvège, la Macédoine, la Serbie, la Suisse et la Turquie.
La modification de la signalétique a un objectif premier : celui de faciliter les déplacements des automobilistes en Europe. Désormais, il ne sera plus nécessaire de se renseigner sur les noms locaux des carburants, dans la mesure où ils seront identiques dans 35 pays européens. Le second objectif est de mettre en valeur la dimension « bio » des carburants vendus à la pompe. Pour cela, l’essence indique désormais la teneur en éthanol qui entre dans sa composition (5% pour l’E5, 10% pour l’E10 et 85% pour l’E85), tandis que le diesel met en avant le pourcentage de biocarburant utilisé (7% pour le B7 et 10% pour le B10). Une façon subtile de sensibiliser les automobilistes sur les carburants plus « naturels », ceux qui réduisent leur part de composants pétroliers. Une mesure qui tombe à pic puisqu’elle coïncide avec la publication alarmiste du GIEC. À travers un rapport, cet organisme vient de dévoiler quelles pourraient être les conséquences sur l’environnement si l’humanité ne fait pas d’efforts pour ralentir sa production de gaz à effet de serre.

Une mesure qui ne masque pas la hausse du prix des carburants

Si la modification de la signalétique va faire parler quelque temps, ce sujet risque d’être rapidement remplacé par un autre : la hausse des prix du carburant. Depuis plusieurs mois, les automobilistes ont en effet pu percevoir une flambée des prix, notamment à cause d’une augmentation du cours du pétrole. La nouvelle fiscalité instaurée par le gouvernement n’y est pas non plus étrangère. Afin de mettre un terme à l’avantage fiscal du gazole, le montant des taxes est progressivement lissé entre les différents carburants. Sans oublier que la taxe carbone a, elle aussi, grimpé ces derniers temps. Conséquences : le prix du gazole a bondi de 21% en un an, tandis que celui du SP95 a progressé de 14%. Cette hausse ne devrait pas s’arrêter, étant donné que le ministère des Transports a indiqué que la taxe carbone et l’alignement entre le gazole et l’essence vont de nouveau être revalorisés d’ici quelques mois. Une augmentation problématique pour les automobilistes, d’autant plus qu’elle fait écho à un problème soulevé par la nouvelle signalétique : comment distinguer le SP95 et le SP98 désormais ? Sachant que le prix de ces deux carburants est différent, certains se demandent déjà si les stations vont pouvoir vendre du SP95 au prix du SP98. Il s’agirait d’un nouveau coup dur pour le porte-monnaie, qui plus est car le budget des automobilistes ne cesse de progresser.

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