La blockchain, cette technologie qui pourrait transformer le monde automobile

La blockchain, une technologie capable de révolutionner l’univers automobile ?

Utilisée principalement par Bitcoin pour la sécurisation des transactions financières, la blockchain ne cesse de voir son usage étendu à d’autres secteurs. L’univers automobile pourrait d’ailleurs s’emparer du sujet dans les années à venir. Une question se pose alors : en quoi la blockchain pourrait-elle révolutionner le secteur auto ?

La blockchain, c’est quoi ?

La blockchain, pour chaîne de blocs en français, est une technologie permettant le stockage et l’échange d’informations. Si ce nom ne nous est pas étranger, c’est notamment parce qu’il s’agit de la technologie utilisée à l’heure actuelle par la monnaie virtuelle Bitcoin. Plus concrètement, la blockchain prend la forme d’un gigantesque registre virtuel regroupant toutes les actions réalisées par les utilisateurs. Chaque nouvelle action constitue un « bloc ». Une fois que ce dernier a répertorié l’ensemble des informations récentes, il s’intègre à la chaîne globale d’informations. Dès lors, les données enregistrées ne sont plus modifiables. Lors d’une nouvelle action, l’algorithme gérant la blockchain analyse la chaîne globale afin de la sécuriser et d’en vérifier l’exactitude. Pour mieux comprendre ce système, faisons une analogie avec un service bancaire. Chaque action de l’internaute est une transaction bancaire réalisée. L’ensemble de ces transactions sur une période donnée (un mois par exemple) constitue un relevé bancaire partiel, soit un bloc. Mis tous ensemble, ces blocs forment l’historique complet des transactions d’une personne, autrement dit la blockchain.
Pour comprendre le fonctionnement de cette technologie, il faut aussi savoir que la blockchain est régie uniquement par des protocoles et des algorithmes, et ce, sans intervention humaine. De la sorte, toute manipulation ou usage frauduleux des informations est contrecarré à la source. La blockchain permet ainsi de stocker et de transmettre des données de façon sécurisée, transparente et sans intervention humaine. Raison pour laquelle elle est souvent présentée comme le futur de la transmission des données. À l’heure actuelle, elle est d’ailleurs déjà utilisée sous de nombreuses formes : monnaie virtuelle, service de paris en ligne ou encore service d’authentification.

En quoi la blockchain pourrait-elle révolutionner le secteur automobile ?

Bien que cette technologie ne soit pas encore utilisée par l’univers de l’automobile, la blockchain pourrait révolutionner le secteur dans les années à venir. Son utilisation pourrait d’ailleurs offrir quatre avantages majeurs : un renouvellement de la gestion logistique, une meilleure authentification des acteurs, un outil pour lutter contre les fraudes et un suivi renforcé du cycle de vie des véhicules. Tour d’horizon.

1. Une nouvelle gestion de la chaîne logistique automobile

Le premier usage éventuel de la blockchain par le secteur automobile concerne la gestion de la chaîne logistique. À l’heure actuelle, les donneurs d’ordre n’ont pas toujours une vision complète sur l’ensemble de la chaîne de production et de commercialisation d’une voiture. Entre les pièces fabriquées dans différentes usines du groupe, les multiples sous-traitants, l’acheminement vers les pointes de vente et la vie à proprement parler du véhicule, il est difficile de suivre le cycle de vie d’une voiture de A à Z. Ainsi, la traçabilité, tant des pièces que des véhicules en eux-mêmes, est extrêmement compliquée. Cela apparait d’ailleurs tout particulièrement lorsque le constructeur doit rappeler des modèles défectueux. Or, la technologie blockchain serait en mesure de suivre le cycle de vie d’un produit et, ainsi, d’en garantir la traçabilité et la conformité. En plus de renforcer l’efficacité de la production industrielle, cette technologie offrirait davantage de transparence et une réduction des coûts de gestion logistique.

2. Une meilleure authentification des acteurs de l’automobile

La technologie blockchain aurait un second intérêt majeur : offrir une authentification précise et certifiée des acteurs automobiles. En répertoriant toutes les informations relatives à un produit, mais aussi aux individus, elle permet d’avoir accès à l’historique d’un vendeur auto ou même d’un acheteur. Dès lors, il sera possible de s’assurer de la bonne foi de son interlocuteur au moment de la vente ou de l’achat d’un véhicule, notamment entre particuliers. Au-delà des acheteurs et des vendeurs, la blockchain pourrait offrir une meilleure connaissance des entreprises de leasing, des réparateurs ou même des assureurs. Autant de professionnels qui jouent un rôle non négligeable au cours du cycle de vie d’un véhicule.

3. Un nouveau moyen de diminuer la fraude et la falsification

Mais si la blockchain permet d’identifier les acteurs du monde auto, elle permet avant tout une parfaite identification des véhicules. Grâce à cette technologie, il est ainsi possible de consulter l’historique complet de chaque voiture : lieux de fabrication, réparations effectuées, utilisateurs, accidents, etc. Les informations étant infalsifiables, il devient alors impossible de frauder sur la réelle nature du véhicule. Un élément particulièrement utile pour ce qui est de la vente de voitures d’occasion. Selon plusieurs études, 20% des VO vendus ont subi une falsification de leur compteur kilométrique. À travers un carnet de maintenance numérique infalsifiable, utilisant la technologie blockchain, un acheteur pourra ainsi s’assurer de l’exactitude des informations. C’est d’ailleurs un service que la start-up française Atos souhaite démocratiser dans les années à venir.

4. Un meilleur suivi du cycle de vie des voitures

Étant donné que l’historique d’un véhicule pourra être consulté par tous, différents acteurs du monde automobile pourront en tirer parti. Avec la blockchain, les constructeurs pourront notamment rappeler des véhicules éventuellement défectueux (car une voiture de la même ligne de production présente des défauts), et ce, avant qu’une panne se produise. Les assureurs, quant à eux, pourraient conseiller leur client sur l’offre la plus adaptée à leur véhicule et à son cycle de vie.

Les obstacles au développement de la blockchain au sein de l’univers auto

Si la blockchain offre déjà de belles promesses, sa démocratisation au sein de l’univers auto ne semble pas encore d’actualité, tant les obstacles sur sa route sont nombreux. Bien que dans la théorie le concept soit intéressant, une totale transparence pourrait effrayer les entreprises auto. Ces dernières ne souhaitant pas forcément que toutes leurs informations soient consultables, tant par les particuliers, les journalistes que la concurrence. Autre point noir à l’émergence de la blockchain dans l’univers auto : l’harmonisation de l’écosystème informatique. Pour que cette technologie soit utilisable, il faudrait que tous les acteurs utilisent le même protocole, du constructeur aux garagistes, en passant par les assureurs et les centres techniques.

Avec le développement de la voiture autonome et connectée, l’utilisation de la blockchain pourrait avoir un rôle central au sein de l’univers auto. Offrant de belles opportunités et une réelle traçabilité, cette technologie devra cependant faire face à différents obstacles avant de voir son usage démocratisé.

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