Autolib est mort, vive Renault !

  1. Autolib est mort, vive Renault !

Renault roule sur les ruines d’Autolib

Alors que le divorce entre Autolib et la Mairie de Paris est définitivement consommé, Anne Hidalgo planche déjà sur les différents services qui vont remplacer les fameuses Bluecars du groupe Bolloré. Début juillet, un accord a d’ailleurs été conclu avec Renault pour déployer une importante flotte de véhicules électriques en libre accès. Un partenariat qui n’est cependant pas exclusif et qui laisse de la place à d’autres acteurs, PSA en tête.

Anne Hidalgo et Renault main dans la main

« Nous scellons une alliance historique entre la capitale de la France et le plus grand groupe mondial de construction automobile » : c’est par cette phrase qu’Anne Hidalgo a annoncé le partenariat entre la ville de Paris et le groupe Renault. Les choses devraient d’ailleurs aller très vite puisque les premiers véhicules mis à disposition par le constructeur au losange devraient être déployés dès septembre 2018.
Cette association fait suite au démantèlement progressif d’Autolib. Considéré comme un fiasco par nombre de personnes, le projet d’auto-partage de Vincent Bolloré quittera définitivement les rues parisiennes d’ici le 31 juillet. Pour remplacer Autolib, la Mairie de Paris a organisé dès le mois de juin des rencontres avec diverses entreprises et constructeurs automobiles afin de trouver une nouvelle solution. Alors que le déficit abyssal du service d’autopartage actuel aurait pu en dissuader plus d’un, de nombreux acteurs se sont finalement montrés intéressés. Ce sera finalement à Renault de remporter la manche. Même si, comme l’a évoqué Anne Hidalgo, le groupe tricolore ne sera pas l’unique détenteur du marché de la voiture électrique en libre-service à Paris.

Les Parisiens peuvent dire adieu aux bornes de recharge

Les véhicules proposés par Renault tiennent à se distinguer des Autolibs. Bien qu’il s’agisse également de voitures électriques en libre-service, celles-ci seront sans station. Si cette solution offre davantage de liberté aux utilisateurs franciliens, puisqu’ils n’auront pas besoin de la déposer à une borne, cela pose la question de la recharge. À l’heure actuelle, Renault a annoncé que ce sont des opérateurs qui s’occuperaient de la maintenance et de la recharge. À en croire Thierry Bolloré, le DG adjoint de Renault, les opérateurs vont recharger, nettoyer et réparer les voitures durant la nuit afin qu’elles soient parfaitement opérationnelles le matin. Un procédé qui laisse malgré tout quelque peu songeur sur son efficacité. Sans compter que la voiture électrique continue à diviser quant à son impact sur l’environnement.
Toujours est-il que les Renault mises à disposition seront accessibles partout, où qu’elles soient garées. Pour cela, les usagers pourront utiliser une application dédiée reposant sur le principe de free floating. Ce procédé, permettant de se passer de borne de recharge, a déjà été mis en place par Renault à Madrid à travers le service Zity et ses 500 véhicules en libre accès.

Une flotte de 2 000 véhicules attendue pour 2019

Comme évoqué plus haut, les véhicules électriques du constructeur tricolore vont faire progressivement leur apparition à partir de septembre. L’objectif annoncé est d’ailleurs ambitieux : avoir déployé une flotte d’au moins 2 000 véhicules d’ici la fin de l’année 2019. Un objectif qui pourrait être dépassé selon Thierry Bolloré, à condition que la demande soit au rendez-vous. Il faudra toutefois certainement encore un peu de temps pour que le constructeur au losange atteigne les 3 900 véhicules dont Autolib pouvait se targuer à la fin de l’année 2017. Selon toute vraisemblance, la flotte Renault devrait principalement être composée de la Zoé, de la Twizy, du Master ZE et même de l’utilitaire Kangoo ZE.
À la flotte de véhicules électriques en libre accès devrait s’ajouter deux autres services. L’entreprise Marcel, filiale de Renault depuis son rachat en 2017, va assurer le déploiement d’une offre de VTC électriques ainsi qu’un service de voitures électriques, dédiées aux longs trajets, à récupérer au sein de parkings partenaires de Renault.

Un projet encore flou

Toutefois, la Mairie de Paris et Renault n’ont donné que très peu d’informations quant à l’application concrète de ces différentes flottes. Sous prétexte d’une vive concurrence, Thierry Bolloré a précisé que les contours du projet seront donnés en septembre, au lancement de l’offre. Il faudra donc attendre encore un peu pour connaitre le prix du remplaçant d’Autolib. Quoi qu’il en soit, il semble difficile de faire mieux en la matière que la firme de Vincent Bolloré, elle qui permettait de rouler à partir de 23 centimes la minute.
Anne Hidalgo a toutefois évoqué une idée à l’étude : celle d’intégrer le service de véhicule en libre accès au pass Navigo. Ce dernier deviendrait alors l’outil permettant d’accéder à un ensemble de services de mobilité. Reste à savoir si le prix et la formule proposés parviennent à séduire les Parisiens.

PSA dans la course de l’autopartage

Malgré la fin d’Autolib et l’accord trouvé avec la Mairie de Paris, Renault ne sera pas l’unique acteur de l’autopartage à Paris. Dans la mesure où la collaboration entre la ville et le groupe au losange n’est pas exclusive, d’autres acteurs de la mobilité comptent bien investir le créneau.
C’est tout particulièrement le cas de PSA. Le constructeur français a également annoncé le déploiement d’un nouveau service de mobilité sous le nom de Free2Move. Une marque qui n’est d’ailleurs pas nouvelle puisqu’elle a été lancée en 2016. Aujourd’hui, elle dénombre plus d’un million d’utilisateurs à travers le monde et une flotte dépassant les 65 000 véhicules. La marque Free2Move est d’ailleurs déjà bien implantée à Madrid à travers le service Emov. Si les contours de l’offre n’ont pas encore été donnés, on sait tout de même que PSA compte déployer un total de 500 véhicules électriques Peugeot et Citroën à partir du dernier trimestre 2018.
Maintenant qu’Autolib et ses Bluecars ont prouvé que l’autopartage intéressait les Franciliens, la Mairie de Paris n’a plus besoin de signer des contrats avec les futurs acteurs de la mobilité en libre accès. Comme le prouve la mise en concurrence de Renault et de PSA, ce sera aux groupes de prendre des risques commerciaux afin de séduire les usagers et de s’imposer sur le marché. Une bonne nouvelle pour les principaux intéressés, les Parisiens, qui pourraient profiter de cette concurrence pour voir les les prix pratiqués revus à la baisse.

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