WLTP : une mise en application qui bouleverse l’achat automobile

  1. WLTP : une mise en application qui bouleverse l’achat automobile

Homologation : le nouveau protocole WLTP modifie les règles

Depuis le 1er septembre 2018, le NEDC est remplacé par le WLTP. Plus proche de la réalité en ce qui concerne les émissions de CO2 et les consommations, ce nouveau cycle d’homologation a un impact considérable sur le monde automobile, et tout particulièrement au moment de l’achat. Une raison suffisante pour s’intéresser de près à ce nouveau protocole de tests et à ses effets avérés et annoncés.

WLTP, un protocole plus proche de la réalité

Depuis 1973, la mesure des émissions de CO2 et de la consommation des véhicules était réalisée selon la norme NEDC. À compter du 1er septembre, ce protocole n’est plus en vigueur. C’est le Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures, ou WLTP, qui le remplace. Désormais, le cycle d’homologation des voitures est basé sur plusieurs cycles de roulage sur banc d’essai. Bien que les mesures se déroulent une fois encore en laboratoire, elles sont réalisées dans des conditions de conduite plus dynamiques. La distance de test est plus importante, tout comme la vitesse moyenne, la vitesse maximale et la durée. Par rapport à l’ancien protocole NEDC, l’objectif est de mieux reproduire l’usage réel d’un véhicule. Déjà utilisé depuis septembre 2017 pour tous les nouveaux modèles, le WLTP s’applique dorénavant aussi à l’ensemble des véhicules neufs.
Un second protocole de tests doit être passé afin que les voitures soient homologuées. Il s’agit du Real Driving Emissions, ou RDE. Sa mission est de mieux estimer les émissions de particules, de monoxyde de carbone et de Nox des véhicules. Contrairement au WLTP, ce second protocole est effectué sur routes ouvertes et, par conséquent, en conditions réelles.
Désormais, tous les constructeurs doivent se soumettre à ces deux protocoles de mesures afin de pouvoir commercialiser un véhicule neuf. Un élément qui bouleverse déjà les habitudes des groupes automobiles mais également des acheteurs.

Une hausse attendue des consommations et des émissions

Si le WLTP vise à mieux encadrer les émissions polluantes en Europe, ce n’est pas son seul objectif. Avec le cycle d’homologation NEDC, il existait un gouffre important entre les informations fournies par le constructeur et la réalité en matière de consommation et d’émissions.
Bien que les mesures soient toujours réalisées sur un banc d’essai, les informations délivrées dans le cadre du WLTP seront beaucoup plus proches des consommations et des réelles émissions de CO2. Conséquences ? Sur la fiche des véhicules neufs, ces données vont augmenter dans la grande majorité des cas. On estime une hausse d’environ 25% des émissions polluantes et des consommations calculées.
Mais pour s’y retrouver, les automobilistes vont devoir s’armer de patience. En effet, il faudra attendre la fin de l’année 2019 pour que le WLTP soit l’unique information fournie par le constructeur sur les émissions de CO2 et la consommation. D’ici là, il sera possible d’indiquer un NEDC corrélé, à savoir des résultats à mi-chemin entre l’ancien protocole éponyme et le nouveau WLTP. Sur les fiches techniques, ces différentes informations sont susceptibles de cohabiter pendant encore plus d’un an. Les acheteurs vont donc devoir se montrer attentifs pour savoir quels résultats sont mis en avant, notamment en cas de comparaison des consommations entre des véhicules de différentes marques.

Vers une explosion du malus écologique ?

Les constructeurs se retrouvent également face à une grande interrogation : est-ce que le WLTP va avoir un impact sur la grille du bonus-malus écologique ? Pour l’heure, le gouvernement n’a pas tranché sur la question, laissant les principaux concernés dans le flou. Toutefois, un élément est avéré : pour le moment, le calcul du malus n’est pas réalisé en fonction du WLTP ou du NEDC, mais bien grâce au NEDC corrélé. Et même si la hausse des données mesurées est moins importante avec ce protocole qu’avec le WLTP, les consommations et émissions de CO2 contrôlées sont malgré tout supérieures à l’ancien NEDC.
Raison pour laquelle on assiste déjà à une augmentation des malus. Les voitures pour lesquelles les nouvelles conditions de tests sont les moins avantageuses pourraient d’ailleurs voir leurs émissions de CO2 croitre de 30 grammes. À l’achat, la facture pourrait donc grimper de plusieurs centaines d’euros lors du paiement du malus écologique. Un élément pas si anodin que cela, notamment au moment d’évaluer le coût réel de son véhicule.

Homologation WLTP, certains constructeurs sont à la traîne

Dans les prochains mois, un autre élément pourrait compliquer les choses : tous les constructeurs ne sont pas encore au point concernant l’homologation WLTP de leurs véhicules. Tout juste après avoir dépassé Renault en nombre de ventes sur la scène internationale, PSA a indiqué que tous les modèles du groupe ont effectué ce nouveau protocole de tests, leurs permettant d’être commercialisés.
A contrario, la situation est beaucoup plus compliquée chez Volkswagen. Pour l’ensemble des marques du groupe, la facture pour mettre à jour les véhicules en vue de l’homologation s’élève à un milliard d’euros selon le magazine britannique Autocar. Là où les autres constructeurs se sont généralement contentés d’ajouter un filtre à particules pour être dans les clous, le groupe allemand doit entreprendre des modifications plus importantes. Résultat : seulement la moitié du catalogue de Volkswagen avait passé l’homologation au 1er septembre.
Chez la marque allemande comme ailleurs, on constate également que les gammes ont largement été épurées. Certaines configurations ont été mises de côté de façon temporaire en attendant la réhomologation, tandis que plusieurs modèles en fin de vie ont été tout simplement abandonnés. Il faut dire que le coût des modifications pour satisfaire au WLTP était beaucoup trop important pour différentes voitures. L’achat d’un modèle peu courant, à l’image d’un essence puissante, pourrait donc s’avérer compliquer pendant un certain temps.
Autre problème : plusieurs véhicules ont suivi ce nouveau test d’homologation, et ce, alors que l’outil productif n’est pas encore opérationnel. Conséquences, on peut attendre des délais de livraison très importants pour ces modèles puisque les usines ne sont pas encore prêtes à fabriquer la copie conforme de la voiture homologuée.
Pour palier à cela, de nombreux constructeurs ont décidé de faire le plein de véhicules en août. De sorte à passer outre le WLTP, ils proposent les nombreuses voitures stockées sous forme d’occasion 0 kilomètre. Pour eux, c’est une façon de compenser l’éventuelle diminution des ventes de septembre et, pour les automobilistes, de faire une bonne affaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *