Voiture autonome : où en est Uber ?

Bilan des premiers essais de la voiture autonome d’Uber

Après Tesla, Toyota et Google notamment, c’est au tour d’Uber de réaliser les premiers essais de ses voitures autonomes. Suite à plusieurs mois d’expérimentation, dressons un premier bilan des performances de la flotte Uber.

Pour Uber, la voiture autonome doit remplacer les taxis

La course à la voiture autonome est un enjeu majeur pour les constructeurs automobiles, tels que Tesla, Toyota ou encore BMW. Mais d’autres acteurs ont décidé de se pencher sur le sujet. Outre Google et son véhicule autonome Waymo, le service de VTC Uber a décidé d’investir massivement dans le projet. Les raisons sont d’ailleurs multiples.

Le véhicule autonome, une alternative aux taxis

Si Uber a décidé de se consacrer au développement d’un véhicule autonome, c’est avant tout dans l’idée de proposer un service de taxi sans conducteur. Alors que l’entreprise perd encore de l’argent, elle pense pouvoir diminuer ses coûts de fonctionnement en misant sur la voiture autonome. C’est d’ailleurs pour cette raison première que le service de VTC a commencé à démarcher différents constructeurs. À la fin de l’année 2016, la société californienne a d’ailleurs annoncé un partenariat avec le constructeur suédois Volvo. L’objectif ? Partager leur savoir-faire en matière de technologies permettant la conduite autonome.

Diminuer les accidents grâce à la voiture autonome

Pour Uber, le développement d’un véhicule autonome a une autre finalité, plus philanthrope celle-ci : réduire les accidents de la route. Il faut dire aussi que les chiffres sont effrayants. Dans le monde, 1,25 million de personnes sont décédées en 2014 à cause d’un accident de voiture. Un constat qui ne devrait pas aller en s’améliorant, tant le trafic ne cesse d’augmenter année après année. Rien qu’aux Etats-Unis, on estime que 94% des accidents routiers sont dus à une erreur humaine (vitesse excessive, consommation d’alcool, distraction au volant, sommeil, etc.). C’est d’ailleurs pour cette raison que Google et Uber se sont associés et que le célèbre moteur de recherche a investi plus de 200 millions d’euros dans le service de VTC. Mais l’idylle semble avoir tourné court car Google a lui-même annoncé quelques temps plus tard le développement de son propre véhicule sans chauffeur : la Waymo. Alors que Google est au capital d’Uber, il semblerait donc que les deux sociétés californiennes soient malgré tout en concurrence.

La voiture autonome d’Uber, déjà sur les routes depuis fin 2016

Depuis la fin de l’année 2016, Uber peut se vanter d’avoir lancé sur la route ses premiers véhicules autonomes. Après la Californie et l’Arizona, c’était au tour de la Pennsylvanie de voir débarquer ces véhicules sans chauffeur.

Une flotte de voitures autonomes composée de Ford et de Volvo

Cela fait maintenant plus de six mois qu’une dizaine de Volvo XC90 et de Ford Mondeo arpentent les rues des trois états américains. Habillés aux couleurs d’Uber et dotés de nombreux capteurs et autres caméras et radars, ces véhicules autonomes ne réalisent pas de simples tests. En effet, ils mènent déjà à bon port les usagers Uber, notamment dans les villes de Pittsburgh et de San Francisco. Pour réussir cet exploit, le géant du VTC affirme avoir « entrainé » ses voitures pendant près de deux années. En mars 2017, les premiers résultats étaient d’ailleurs plutôt positifs pour ce qui est de la distance parcourue. En seulement une semaine, les 40 et quelques voitures autonomes d’Uber avaient réalisé près de 33 000 kilomètres. Une belle progression lorsqu’on sait que cette distance hebdomadaire n’était que de 8 000 kilomètres en janvier.

Un humain pour contrôler le bon fonctionnement du logiciel de pilotage

Bien qu’autonomes, les Volvo XC90 et Ford Mondeo de la flotte Uber sont surveillées de près par un ingénieur au volant (ils étaient deux au début de l’expérimentation). Son rôle et d’observer et d’analyser le comportement du robot conducteur. En cas de risque d’accident, il sera toutefois en mesure de prendre la main. Le service de VTC classe d’ailleurs les éventuelles interventions humaines dans trois catégories distinctes : pour empêcher un accident, pour indiquer au logiciel qu’il a nui au confort des passagers ou pour toute autre raison (mauvais temps, mauvaise trajectoire dans un virage, hésitation du logiciel, etc.). Et malheureusement pour Uber, les interventions des techniciens semblent plus nombreuses que prévues…

Des débuts mitigés pour le véhicule autonome d’Uber

Malgré des débuts prometteurs, la flotte de voitures autonomes d’Uber semble déjà rencontrer plusieurs problèmes. Entre un nombre d’interventions humaines trop important, une qualité de conduite pas exemplaire et différents accidents au compteur, l’aventure autonome du service de VTC connaît ses premières remises en question.

Des interventions humaines trop fréquentes pour le véhicule autonome d’Uber

Selon le groupe de presse américain Vox Media, qui est parvenu à se procurer les résultats de ces premières expérimentations, le nombre d’interventions humaines est à la hausse. Pendant la première semaine de mars 2017, il ne s’est écoulé en moyenne que 1,3 kilomètre entre deux interventions du technicien Uber à bord. Un résultat d’autant plus inquiétant que ce chiffre était supérieur en janvier. Pour être plus positif, Uber préfère mettre en avant le nombre d’interventions pour un motif critique (possibilité d’accident). Alors que le technicien intervenait en moyenne tous les 201 kilomètres en janvier pour prévenir un accident, il ne le fait plus désormais que tous les 322 kilomètres en moyenne. Rappelons tout de même que ce chiffre était passé, de façon inquiétante, à seulement 80 kilomètres durant le mois de février. Toutefois, ces performances instables peuvent s’expliquer par les nouveaux itinéraires qu’empruntent régulièrement les voitures autonomes d’Uber. En effet, elles sont encore en phase d’apprentissage.

La voiture autonome Uber déjà impliquée dans des accidents

Mais les performances des véhicules autonomes d’Uber sont davantage remises en cause par les accidents qu’a déjà connus sa flotte. En mars 2017, un automobiliste de Tempe a notamment refusé de céder la priorité à une Volvo XC90. Bien qu’il n’y ait pas eu de blessé, cet incident a vu l’ouverture d’une enquête de police et l’interdiction temporaire pour les véhicules Uber de circuler. Un geste préventif, notamment à cause de la voiture autonome Google qui ne s’était pas arrêtée à un feu rouge l’an dernier et qui avait heurté un van.

Bien que les premiers essais des véhicules autonomes d’Uber soient encourageants, le service de VTC doit déjà faire face à plusieurs points noirs (nombre d’interventions en hausse, accidents, etc.). De mauvaise augure lorsqu’on sait que la concurrence sur le marché de la voiture sans chauffeur est de plus en plus intense, comme l’a prouvé Google avec le développement de sa Waymo. Cependant, il faudra certainement attendre encore plusieurs années pour savoir quelle entreprise remportera cette course technologique.

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