Voiture autonome : quels sont les nouveautés et les enjeux ?

Voiture autonome : les nouveautés d’aujourd’hui et les grands enjeux de demain

Comme l’a montré le CES 2017 de Las Vegas – où l’on a pu constater la présence inédite de grands constructeurs -, le monde de l’automobile a fait de la voiture autonome l’une de ses priorités. Entre Tesla, Volkswagen et BMW, mais aussi Google et Uber, chacun y va de ses effets d’annonce. Mais concrètement, quelles sont les dernières nouveautés en matière de voiture autonome ? Quels sont les enjeux pour les années à venir ? Quelles sont les grandes interrogations que pose l’autonomie des véhicules ? Autant de questions auxquelles nous apportons les réponses.

shutterstock_251998009

Voiture autonome, l’heure est à l’investissement…

S’il y a un élément sur lequel les constructeurs automobiles sont d’accord, c’est bien celui-là : il faudra attendre 2020-2025 avant de voir débuter la commercialisation des voitures autonomes à grande échelle. Pour autant, personne ne compte se tourner les pouces d’ici là. Les grands acteurs de l’automobile et de l’high-tech ont déjà commencé à investir massivement. C’est le cas notamment de Ford qui, début 2017, a investi un milliard de dollars dans la prise de participation d’Argo AI, une start-up fondée par d’anciens membres de Google et d’Uber. L’an passé, General Motors avait dépensé la même somme pour acheter Cruise Automation, une société spécialisée dans la voiture autonome. Le géant américain a aussi acquis une partie de Lyft, un service de réservation de VTC. C’est le cas aussi de Toyota qui a déjà lancé son propre centre de recherche consacré à l’intelligence artificielle et à l’autonomie des véhicules. La volonté du constructeur nippon est d’ailleurs d’allouer un milliard de dollars par an sur ces différentes problématiques.

… et aux partenariats entre groupes automobiles et high-tech

Mais 2017 sera aussi l’année des partenariats entre groupes automobiles et high-tech. Pour preuve, BMW s’est déjà rapproché d’Intel, dans le but de réaliser des essais de véhicules autonomes équipés d’un processeur Intel. Audi et Nvidia, de leur côté, ont développé un prototype en mesure de réagir seul face à une situation inattendue. Fin 2016, c’était au tour de Honda et de Waymo (la branche automobile de Google) d’annoncer leur partenariat, puis celui de Daimler et d’Uber de faire de même. Plus que des effets d’annonce, ces rapprochements entre automobile et high-tech visent à travailler sur les deux grands chantiers de la voiture autonome : la cartographie et l’intelligence artificielle.

Cartographie et IA : les deux grands chantiers de la voiture autonome

Si les partenariats se multiplient depuis les derniers mois, ce n’est pas sans raison. Les constructeurs ont bien compris qu’ils ne peuvent plus compter uniquement sur leurs forces pour parvenir à sortir la voiture de demain. Le premier chantier auquel ils font face s’appelle d’ailleurs l’IA ou intelligence artificielle. À moyen terme, l’objectif est de développer un conducteur virtuel destiné aux services de covoiturage et de transports en commun. Ce n’est pas sans raison si Ford et General Motors se sont rapprochés d’Argo AI et de Cruise Automation, deux sociétés expertes en la matière. Mais pour que ce conducteur virtuel puisse se repérer, il faut que le deuxième grand chantier soit lui aussi réglé, celui de la cartographie. En la matière, Google a une avance presque irrattrapable étant donné que la société californienne a déjà cartographié presque toutes les rues du monde. Pour diminuer cette « Google dépendance », d’autres acteurs se sont lancés dans ce projet. C’est le cas de TomTom mais surtout d’Uber qui, depuis quelques mois, scanne les villes à l’aide de voitures équipées de capteurs. Audi, Daimler et BMW lui ont emboité le pas en remettant au goût du jour Here, un service de cartographie. 400 véhicules dotés de la technologie Here sont d’ailleurs déjà sur les routes du monde.

Les essais de voiture autonome se multiplient à travers le monde

Bien que l’intelligence artificielle et la cartographie soient deux projets encore en cours, les constructeurs automobiles y vont déjà de leurs essais de voiture autonome. Exception faite de Tesla, dont plusieurs véhicules semi-autonomes circulent déjà sur les routes américaines, les marques préfèrent principalement tester leurs innovations en privé ou sur circuit fermé. Alors que la France a annoncé l’ouverture pour 2018 d’un centre d’essai pour voitures autonomes, Uber va réaliser des essais en Arizona dans les mois qui viennent. PSA, quant à lui, a déjà mis à l’essai 10 prototypes de Citroën Picasso qui ont réalisé 60 000 km en autonomie. Plusieurs grands groupes, dont Subaru, Volkswagen, Mercedes ou encore Nissan, ont également annoncé des tests de voitures autonomes en Californie dans les mois qui suivent. Autre initiative : la création d’une course de voitures autonomes, la Roborace, dont la première édition s’est tenue en février 2017. Les sociétés de transport en commun y vont aussi de leurs essais de véhicules autonomes, à l’image de l’expérimentation de deux mini-bus sans chauffeur à Paris début 2017. Dans la même veine, on pourra aussi rappeler les 5 400 km parcourus en autonomie par l’Audi Q5 en 2015.

Cadre juridique, sécurité et place des conducteurs : les grandes questions que se pose la voiture autonome

Si les constructeurs sont unanimes pour dire que la voiture autonome est loin d’être prête, c’est notamment car plusieurs questions se posent. La première est d’ordre juridique. Au-delà de déterminer la responsabilité du conducteur/passager en cas d’accident, il est nécessaire de régler un problème de taille : la plupart des pays considèrent encore la voiture autonome comme illégale. La sécurité du passager et des autres usagers de la route est aussi un enjeu important : l’intelligence artificielle préférera-t-elle, par exemple, sauver un piéton ou le conducteur ? Enfin, les automobilistes sont-ils prêts à lâcher le volant ? Ont-ils confiance dans cette nouvelle technologie ? La mobilité auto-partagée prendra-t-elle le pas sur la possession d’un véhicule ? Autant de sujets sur lesquels les constructeurs automobiles, les acteurs high-tech et les États vont devoir plancher avant que l’on puisse assister aux prémices de la démocratisation de la voiture autonome.

Entre effets d’annonce, investissements et véritables initiatives, les grands groupes automobiles et technologiques multiplient les offensives pour s’offrir une place de choix sur le secteur de la voiture autonome. Pour autant, il semble clair qu’il faudra encore attendre plusieurs années – probablement d’ici 2020 à 2025 – pour que le véhicule autonome commence à remplacer la voiture telle qu’on la connaît actuellement. Affaire à suivre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *