La voiture autonome du futur, une question de sécurité !

Les questions de sécurité que soulève la voiture autonome de demain

Bien qu’elle ne soit pas encore inventée, la voiture autonome de demain pose déjà de nombreuses interrogations, notamment en ce qui concerne la sécurité. Que ce soit en matière de responsabilité en cas d’accident ou de piratage, découvrons où en sont les constructeurs sur le sujet.

Renforcer la sécurité sur les routes, le principal objectif de la voiture autonome

Alors que la sécurité des passagers et des usagers de la route (automobilistes, piétons, etc.) est l’une des principales interrogations qui entoure la voiture autonome, cette dernière a été avant tout imaginée pour renforcer… la sécurité. Ce paradoxe a une explication toute simple : le véhicule autonome est vu comme un moyen de diminuer les accidents de la route.
Pour se rendre compte de l’importance du sujet, il convient de s’intéresser aux chiffres de la sécurité routière. Rien qu’en 2014, plus de 1,25 million de personnes à travers le monde sont décédées en raison d’un accident de voiture. Les Etats-Unis, pays le plus avancé en matière de voiture autonome, sont d’ailleurs particulièrement touchés par ce fléau. Il faut dire aussi que 94% des accidents routiers sur le sol américain sont dus à une erreur humaine : alcool au volant, sommeil, inattention passagère (téléphone, enfants, etc.), vitesse, etc. Bien que les technologies ne cessent de se développer, cette tendance ne risque pas de s’inverser de sitôt car le trafic mondial explose un peu plus chaque année. Face à ce constat, la voiture autonome de demain semble donc une solution appropriée pour garantir la sécurité des usagers. Mais malgré cela, elle pose tout de même de sérieuses questions à l’heure actuelle.

Le choix moral : quelle décision prendrait une voiture autonome face à une situation à risque ?

En matière de sécurité, la première question que soulève la voiture autonome est d’ordre moral : face à un accident inévitable, préférera-t-elle, par exemple, s’empaler contre un camion ou renverser un piéton ? Alors qu’on peut difficilement reprocher à l’humain de prendre une décision aussi difficile en un quart de seconde, c’est moins vrai en ce qui concerne le véhicule autonome. Celui-ci aura en effet été programmé pour réagir de la meilleure façon (théorique) en toutes circonstances. Est-ce que ce sont les ingénieurs qui feront ce choix lors de la programmation ? La voiture sera-t-elle suffisamment intelligente et « instinctive » pour faire le meilleur choix ? Pourra-t-elle décider si la vie du conducteur est plus importante que celle d’un piéton ? C’est à cette question morale, intimement liée à la sécurité des usagers de la route, que la voiture autonome devra répondre dans les prochaines années.

Voiture autonome et accident : à qui la responsabilité ?

Ce premier point d’interrogation nous mène au second : qui est responsable en cas d’accident impliquant un ou plusieurs véhicules autonomes ? Sur ce point, les avis sont pour le moins divisés. En s’appuyant sur une enquête TNS Sofres réalisée en 2016, on s’aperçoit que 55% des sondés français considèrent que le conducteur d’un véhicule autonome doit être déchargé de toute responsabilité en cas d’accident. Ainsi, ils sont 26% à rejeter la faute sur le constructeur et près de 30% sur le système gérant la conduite autonome. Chez nos voisins allemands, on pense plutôt que le conducteur ne doit pas être déchargé de toute responsabilité et doit, au minimum, en assumer la moitié.
Pour commencer à répondre à cette question épineuse, des tables rondes sont menées en Europe pour redéfinir le Code de la Route. Les notions de co-conducteur (un conducteur parfois actif et parfois inactif) et de responsabilité d’une machine sont notamment à l’étude. Dans le même temps, l’Allemagne pense à installer des enregistreurs dans chaque véhicule autonome afin de savoir qui est réellement responsable en cas d’accident. Quant aux Anglais, ils considèrent que c’est à l’assurance automobile d’assurer la responsabilité des véhicules. Les assureurs pourront ensuite se retourner éventuellement contre le constructeur. Même si la question est à l’étude, on s’aperçoit une nouvelle fois que la responsabilité des véhicules autonomes en cas d’accident est un sujet loin d’être clos.

Comment la voiture autonome gère la question du piratage ?

Le piratage, c’est aussi un sujet qui inquiète avec le véhicule autonome. Que se passerait-il si des hackers prenaient à distance le contrôle d’une voiture ou d’une flotte de voitures ? Preuve que le sujet n’est pas nouveau, l’expérimentation a déjà était faite par des ingénieurs du Keen Security Lab qui ont hacké une Tesla. Parce que l’enjeu est d’importance, plusieurs constructeurs ont décidé d’organiser une « chasse aux bugs ». Ainsi, toute personne découvrant une faille de sécurité dans le programme d’une voiture autonome pourrait recevoir une récompense. Après Tesla, c’était au tour de FCA (Fiat Chrysler Automobiles) et de General Motors d’appliquer la même politique.
Mais en cas de bug ou de piratage, les groupes automobiles devront faire face à un nouveau défi : pouvoir corriger le problème de sécurité sans avoir besoin de rapatrier les véhicules. Pour ce faire, il faudra que les mises à jour des logiciels de pilotage soient réalisables à distance, à la manière d’un ordinateur ou d’un Smartphone. Raison pour laquelle la notion de cybersécurité est de plus en plus intégrée dès la phase de création des systèmes de communication des voitures autonomes.

Protection des données personnelles et véhicule autonome : sont-ils compatibles ?

La dernière grande question de sécurité que soulève la voiture autonome est relative à la protection des données. En effet, comment s’assurer que le véhicule est bien connecté aux autres usagers et aux infrastructures, sans pour autant que son conducteur soit traçable ? Pour répondre à cet enjeu, plusieurs pistes sont à l’étude. On parle notamment du concept de « pseudonymisation ». Afin de protéger la vie privée des automobilistes, tous les véhicules connectés sont anonymes. Mais en cas de vol ou d’accident par exemple, cet anonymat pourrait être levé. Toutefois, il semble improbable que le conducteur puisse s’opposer à l’envoi de données relatives à l’utilisation de son véhicule, tant ces données sont importantes pour que le réseau de véhicules autonomes soit opérationnel. Au final, on comprend bien que c’est un anonymat tout relatif dont nous profiterons certainement au volant de notre future voiture autonome.

Choix moral, responsabilité en cas d’accident, protection de la vie privée, piratage des logiciels… vous l’aurez compris, la voiture autonome soulève de nombreuses questions en matière de sécurité. Bien qu’elles n’aient pas encore toutes trouvées de réponse, il semblerait que les constructeurs et le législateur aient prient conscience de l’importance du sujet. Il ne reste plus qu’à voir quelles seront leurs réponses en pratique.

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