La sécurité routière dresse le bilan de la mortalité sur les routes en 2016

Mortalité routière en 2016 : un bilan contrasté

La sécurité routière vient de dresser le bilan de la mortalité routière en 2016. Entre un nombre de tués stable, une augmentation de la vitesse et une croissance de la mortalité des piétons, analysons ce bilan pour le moins contrasté.

Mortalité routière : un bilan qui se stabilise en 2016

L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) vient de publier les chiffres de la sécurité routière en 2016. Le premier constat qu’il est possible de faire, c’est que le nombre de personnes tuées est de 3 477, soit une quasi stabilité par rapport à 2015 (+0,5%). Au-delà des morts, on constate également que le nombre d’accidents corporels (57 522, +1,6%) et de blessés (72 645, +2,6%) est en forte hausse. Toutefois, les autorités se veulent optimistes car la mortalité est en baisse si l’on tient compte du nombre de véhicules pour un kilomètre parcouru qui, lui, est en augmentation.

Les usagers vulnérables : toujours plus victimes de la route

Ce bilan nous apprend également que les conducteurs de voitures sont toujours les principales victimes de la route, avec 1760 tués. Cependant, on a constaté une diminution de 2% du nombre d’automobilistes tués. Tandis que le bilan se stabilise pour les usagers de motos, c’est loin d’être le cas pour ceux qu’on appelle les usagers vulnérables. Ainsi, 559 piétons sont décédés à cause d’un accident routier en 2016, soit 91 victimes supplémentaires et une hausse de 19% par rapport à 2015. Les cyclistes, quant à eux, connaissent une mortalité routière en hausse de 9%. Constat encore plus terrible, 70% des blessés graves sont des usagers vulnérables (piétons, cyclistes et motocyclistes). Enfin, l’ONISR nous indique que 35% des morts sur la route n’ont tué personne d’autre.

Alcool et vitesse : les deux principales causes d’accidents

Presque sans surprise, une vitesse excessive a été la ou l’une des causes de 31% d’accidents mortels. Entre 2012 et 2016, l’ONISR a d’ailleurs constaté que les vitesses ont augmenté sur les voies rapides. La hausse est de 5 à 6 km/h sur autoroute et de 3 à 4 km/h sur les routes à 4 voies (2 dans un sens, 2 dans l’autre). Un facteur qui joue véritablement dans le bilan de la mortalité routière. L’alcool, quant à lui, a été détecté dans 29% des accidents mortels (il peut s’agir du conducteur ou du piéton qui était sous l’emprise de l’alcool). On pourra d’ailleurs regretter qu’un tiers des piétons tués avait un taux d’alcoolémie supérieur au taux légal. Les stupéfiants ne sont pas en reste puisqu’ils sont impliqués dans 22% des accidents mortels. Enfin, on pourra noter que le non port de la ceinture de sécurité a aussi joué un rôle dans la mortalité en 2016 : 27% des usagers d’un véhicule utilitaire tués ne portaient pas leur ceinture, contre 25% pour les usagers de poids lourds et 20% pour les automobilistes particuliers.

Les hommes, victimes et responsables des accidents la route

En 2016, 76% des personnes mortes à cause d’un accident de la route étaient des hommes. Ce chiffre s’explique principalement par le fait que 83% des auteurs présumés d’accidents mortels étaient également des hommes. Les jeunes sont aussi à la fois victimes et responsables d’une majorité d’accidents mortels. En effet, près de 20% des accidents impliquent un conducteur novice. Quant aux 15-29 ans, ils représentent 29% des personnes décédées et environ 33% des blessés graves. On remarquera d’ailleurs que la France fait moins bien que la moyenne européenne pour ce qui est du nombre de jeunes tués sur les routes.

Mortalité routière : où et quand ?

L’ONISR s’est aussi intéressé aux périodes où l’on déplore le plus de victimes sur la route. Si le nombre de tués est d’environ de 8 du lundi au jeudi, il passe à presque 10 le vendredi et le samedi, notamment en raison des départs en week-end et des sorties. Cette période de la semaine voit donc une augmentation du risque routier d’environ 25%.
Cette étude nous apprend également que 63% de la mortalité se situe en dehors des agglomérations avec 2 188 victimes, tandis que les agglomérations concentrent 29% des accidents mortels. Bien que seuls 8% des morts soient sur autoroute, ce chiffre a grimpé de 5,5% depuis 2010. Les agglomérations représentent 69% de la mortalité piétonne et 48% de la mortalité cycliste, deux chiffres une nouvelle fois à la hausse.

Sécurité routière : comment s’annonce l’année 2017 ?

Rien que sur les 5 premiers mois de l’année, on comptabilise déjà 1 307 morts selon l’ONISR, soit 16 personnes de plus par rapport à l’année précédente sur la même période. Pour intensifier la lutte contre la mortalité routière, plusieurs mesures ont déjà été prises cette année ou vont être adoptées. Il s’agit notamment de :
L’augmentation du nombre d’infractions verbalisables sans intervention : Depuis le 1er janvier 2017, on compte désormais 11 catégories d’infractions routières pouvant être verbalisées sans avoir besoin d’arrêter le conducteur, contre 4 précédemment. Parmi ces nouvelles catégories, on retrouve notamment le non port de la ceinture de sécurité, le non-respect des règles de dépassement ainsi que le chevauchement et le franchissement des lignes continues.
L’interdiction des vitres teintées à l’avant dont le taux de transparence est inférieur à 70%
La levée de l’immunité des voitures de fonction : Désormais, les entreprises doivent indiquer aux autorités quel salarié a commis une infraction avec une voiture de fonction, sous peine d’amende.
L’obligation pour les enfants de moins de 12 ans de porter un casque s’ils sont passagers ou conducteurs d’un vélo (depuis mars 2017)

Même si le bilan de la mortalité routière reste stable en 2016, plusieurs éléments viennent tirer la sonnette d’alarme. On pense notamment à la hausse du nombre de blessés, à l’augmentation de la mortalité des piétons ainsi qu’à celle de la vitesse sur la route. Espérons que les choses s’améliorent d’ici la fin de l’année et que la route des vacances ne se révèle pas, une nouvelle fois, particulièrement accidentogène.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *