PSA officialise le rachat d’Opel et Vauxhall

Dans les coulisses du rachat d’Opel et Vauxhall par PSA

Alors que le projet a été signé en mars, il n’a fallu attendre que quelques mois pour que le rachat d’Opel et Vauxhall par PSA soit officialisé. Actée depuis le 1er août 2017, cette opération à plus de 2 milliards d’euros marque une étape symbolique dans la vie du groupe français. L’occasion de nous intéresser à tous les éléments qui se cachent derrière ce rachat historique.

Le rachat d’Opel et Vauxhall est acté !

C’est officiel : le rachat par PSA des deux filiales européennes de General Motors, à savoir Opel et Vauxhall, est acté depuis le 1er août 2017. À la suite du projet signé le 6 mars, le groupe tricolore a annoncé via communiqué la nouvelle. Cette acquisition est d’ailleurs sans précédent puisqu’elle marque la fin des activités en Europe du constructeur américain. Le propriétaire jusqu’à présent d’Opel et de Vauxhall (marque sœur d’Opel destinée au marché britannique) était présent sur le Vieux Continent depuis 88 ans.
Bien que l’ensemble de l’opération ait coûté aux alentours de 2,2 milliards d’euros, seule une partie est officielle pour le moment : le rachat des activités automobiles des marques Vauxhall et Opel pour 1,3 milliard d’euros. Cela représente notamment cinq usines de production de pièces, six sites de montage, un centre d’ingénierie et pas moins de 40 000 salariés répartis dans plusieurs pays d’Europe. La seconde partie de cette acquisition devrait être officialisée d’ici la fin de l’année. Il s’agit du rachat des activités financières européennes de General Motors grâce à un partenariat entre PSA et la banque BNP Paribas. Coût de l’opération, 900 millions d’euros.
Malgré les inquiétudes en interne, cette opération ne devrait vraisemblablement pas grever les finances de PSA. Il faut dire que le groupe français a annoncé des résultats record en début d’année, avec un bénéfice net de 2,15 milliards d’euros en 2016, soit une hausse de 79% par rapport à l’année précédente. Quant à sa trésorerie, elle s’élevait à 6,8 milliards d’euros au 1er janvier 2017.

PSA se revendique deuxième plus grand constructeur en Europe

Outre la fin des activités de General Motors en Europe, ce rachat a une autre conséquence majeure : la possibilité pour PSA de devenir le second constructeur sur le marché automobile européen. Déjà premier groupe automobile en France, PSA voit son nombre de véhicules vendus en Europe en 2016 grimper à 3 millions suite à l’acquisition d’Opel et de Vauxhall, soit 17% de part de marché. Devant lui, le groupe Volkswagen garde la tête avec 3,9 millions de véhicules écoulés l’année passée sur le Vieux Continent. Le nouveau groupe tricolore passe surtout devant son éternel rival Renault-Nissan qui, lui, n’a vendu que 2,5 millions de véhicules en 2016. Grâce aux cinq marques dont il est propriétaire, à savoir Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall, PSA totalise dorénavant 4,3 millions d’exemplaires vendus dans le monde pour l’année écoulée, avec pas moins de 1,16 millions pour le seul Opel. Mais l’ambition de Carlos Tavares ne semble pas s’arrêter là. Le PDG de PSA a en effet l’objectif de franchir la barre des cinq millions de véhicules vendus à court terme. Pour y parvenir, le retour à la rentabilité d’Opel semble néanmoins obligatoire.

Retour à la rentabilité : l’objectif de PSA pour Opel

Pour PSA, le succès de cette opération repose sur un objectif bien défini : un retour à la rentabilité d’Opel-Vauxhall d’ici trois ans. Malgré la bonne santé financière du groupe automobile tricolore, la mission s’annonce plus compliquée qu’il n’y paraît. Pour s’en apercevoir, il suffit de s’intéresser de près aux deux entités jusque-là détenues par General Motors. Sur les 16 dernières années, les deux marques affichent un déficit monumental de 15 milliards de dollars, dont 257 millions de dollars pour la seule année 2016.
Pour Carlos Tavares, l’objectif est de retrouver une marge opérationnelle courante de 2% minimum d’ici 2020 pour Opel et Vauxhall. À cette même date, le groupe compte sur un flux de trésorerie de nouveau positif ainsi que sur une productivité d’environ 6% d’ici 2026. Pour y parvenir, le constructeur hexagonal compte réaliser d’importantes synergies, autrement dit effectuer des économies d’échelle en mutualisant les activités de ses marques historiques (Peugeot, Citroën et DS) et d’Opel et Vauxhall. Ce sont d’ailleurs principalement les secteurs de la Recherche & Développement, des achats et de la production qui devraient pâtir de ce rachat afin d’atteindre l’objectif annoncé de 1,7 milliard d’euros économisé chaque année.
Bien que la situation semble compliqué, on reste plutôt positif du côté de chez PSA. Il faut dire que le groupe français était plus ou moins dans la même situation que Vauxhall et Opel entre 2012 et 2014. L’exemple mis en avant par Carlos Tavares est le taux d’occupation des usines : il était de 79% en 2014 pour PSA, contre 82% pour Opel en 2015. Preuve que le retour à la rentabilité est possible, le constructeur tricolore annonce dorénavant un taux d’occupation de l’ordre de 100%. Pourquoi ne pas appliquer la même recette à Opel et Vauxhall ? Il ne nous reste plus qu’à attendre le nouveau plan stratégique du groupe attendu d’ici environ 3 mois pour savoir ce que l’avenir nous réserve.

Plus qu’une simple opération financière lui permettant de devenir le second constructeur européen, le rachat d’Opel et Vauxhall est un vrai pari d’avenir pour PSA. L’objectif est clair : peser encore un peu plus sur le marché automobile mondial. Mais le groupe va devoir se méfier du regain de forme de son premier rival : l’alliance Renault-Nissan, devenue le premier constructeur au monde au 1er semestre 2017.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *