Le nouveau contrôle technique 2018 durcit les règles du jeu

  1. Blog DATAFIRST Controle technique

Alors que le bilan des contrôles techniques de 2017 est tombé il y a peu, les automobilistes vont devoir faire face à de multiples changements en la matière. En effet, depuis le 20 mai 2018, le contrôle technique se veut plus sévère que par le passé. Et les conséquences pourraient être terribles puisque les professionnels du secteur pensent que le taux de contre-visites pourrait atteindre 30 à 40% (contre 18% actuellement). L’occasion de se pencher sur les nouvelles règles du contrôle technique version 2018.

Plus de points de contrôle, un contrôle technique plus long

En avril et en mai, les centres de contrôle technique n’ont pas désempli. Il faut dire que de nombreux automobilistes ont souhaité faire examiner leur véhicule avant l’entrée en vigueur du tout nouveau contrôle technique de 2018. Ce nouveau protocole a été mis en place afin de respecter les directives européennes. La Commission européenne estime en effet qu’un durcissement des règles a un impact sur la mortalité routière et sur la préservation de l’environnement.
Instauré en 1992, le contrôle technique fait donc peau neuve en 2018. Premier changement : le nombre de points de contrôle examinés. Celui-ci passera de 123 actuellement à 132. De plus, le nombre de défaillances, appelées auparavant défauts, passera lui de 453 à 606.

Conséquences ? Le temps nécessaire au contrôle technique devrait augmenter au vu du nombre plus important de points de contrôle. Alors que cette prestation était encore facturée environ 68€ par jour, elle pourrait voir son prix grimper de 15 à 20% selon les centres automobiles. Le contrôle technique pourrait ainsi désormais coûter 80€ en moyenne, tandis que le prix de la contre-visite pourrait lui aussi être revu à la hausse.

Des niveaux de sanction revus et corrigés

Au-delà du nombre d’anomalies potentielles, le nouveau contrôle technique de 2018 est caractérisé par davantage de motifs pouvant entrainer une contre-visite. Auparavant, seuls 178 défauts pouvaient conduire à une contre-visite (soit moins de la moitié). Sur les 606 nouvelles défaillances, ce ne sont pas moins de 467 qui pourront contraindre l’automobiliste à repasser au centre de contrôle, soit environ 3 anomalies sur 4. Raison pour laquelle le taux de contre-visite pourrait facilement grimper à 30 ou 40%, alors qu’il n’était que de 18% en 2017. Pour ne rien arranger, la contre-visite ne se contentera pas simplement de vérifier la défaillance constatée. Elle aura pour mission de contrôler toute la famille du défaut concerné.

Mais la principale nouveauté du contrôle technique 2018 concerne l’instauration d’une nouvelle catégorie de défauts, avec ses propres règles. Résultat, le nombre de sanctions possibles lors d’un contrôle technique passe désormais à 3.
Les défaillances mineures : le précédent contrôle technique en dénombrait 230. Elles ne sont plus que 139 désormais. Cette catégorie regroupe l’ensemble des anomalies qui devront être réparées mais qui ne nécessitent pas de contre-visite. Dans cette catégorie, on retrouve notamment une légère fuite moteur ou un peu de jeu dans la colonne de direction par exemple.
Les défaillances majeures : leur nombre double presque (de 178 en 2017 à 340 en 2018). Cette catégorie de défaillances concerne toujours les anomalies qui entrainent obligatoirement une contre-visite. Dans un tel cas de figure, le délai pour faire à nouveau contrôler son véhicule reste le même, à savoir deux mois. Des feux de croisement défectueux ou un flexible de frein détérioré sont concernés par cette catégorie d’anomalies.
Les défaillances critiques : c’est LA grande nouveauté. Cette nouvelle catégorie regroupe 127 anomalies. Si une personne est concernée par l’une d’entre elles, la validité du contrôle technique se limitera au jour où le contrôle a été réalisé. En d’autres termes, l’automobiliste ne pourra utiliser son véhicule que le jour même du contrôle (pour le déposer à son domicile ou chez le garagiste par exemple). Dès le lendemain, il lui sera totalement interdit de conduire avec, et ce, même pour l’emmener au garage. Malgré cela, le délai pour réaliser une contre-visite suite à la détection d’une défaillance critique reste de deux mois. Un pneu entaillé, une porte qui ne ferme pas, des feux stop qui ne fonctionnent pas, l’absence de liquide de frein… autant de défaillances qui font partie de cette nouvelle catégorie.

Nouveau contrôle technique : qu’en pensent les Français ?

On l’aura compris : réussir l’examen du contrôle technique va devenir beaucoup plus compliqué. Si certains pourraient être tentés de continuer à circuler malgré la présence d’une défaillance critique, rappelons simplement que cette pratique est sanctionnée d’une amende de 135€, pouvant être majorée jusqu’à 375€. Sans parler des risques pour sa sécurité et celle des autres usagers.

Bien que le nouveau contrôle technique ait pour mission de mieux assurer la sécurité des automobilistes, les Français ne semblent pas emballer par la mesure. Pour en avoir le cœur net, il suffit de s’intéresser au troisième Baromètre prévention routière réalisé par Allianz en 2018. Menée à partir d’un panel de plus de 2 000 personnes titulaires du permis de conduire, cette enquête nous apprend que 62% des interrogés sont contre le durcissement du contrôle technique. Parmi eux, ils sont même 27% à y être très défavorables, alors que seuls 7% des interrogés se disent très favorables à cette mesure.
Toujours selon cette même étude, les automobilistes tricolores rejetteraient également d’autres mesures visant à améliorer la sécurité et la qualité de vie, comme la limitation à 80km/h et les péages à l’entrée des villes. A contrario, les interrogés se disent favorables aux nouvelles sanctions pour l’usage du téléphone au volant, à la restriction d’accès aux centres-villes et à l’interdiction totale des voitures polluantes en ville. Comme quoi, nous ne sommes jamais à une contradiction près.

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