L’autopartage, Volkswagen s’y met aussi !

Volkswagen se lance à l’assaut de l’autopartage

Le calendrier automobile ne cesse de nous jouer des tours. Peu de temps après l’annonce du remplacement d’Autolib par Renault et PSA, Volkswagen a également décidé de dévoiler ses intentions en matière d’autopartage. À travers We Share, le constructeur allemand compte bien rattraper son retard sur le marché allemand, tout en proposant à ses utilisateurs une plateforme regroupant plusieurs services de mobilité. L’occasion de nous pencher sur les objectifs en matière de car sharing du groupe originaire de Wolfsburg.

We Share, le nouveau service d’autopartage allemand

Rappelez-vous : nous étions le 4 juillet, Volkswagen annonçait qu’il comptait mettre en place une solution d’autopartage en Allemagne à partir de 2019. Si l’annonce n’avait pas fait grand bruit à l’époque, c’est principalement car le projet était encore assez évasif. Fin août, le constructeur allemand a rectifié le tir, notamment en dévoilant le nom de ce service de car sharing : We Share.
L’objectif de Volkswagen ? Tenter de rattraper son retard sur ses deux principaux rivaux nationaux en matière d’autopartage : Daimler et BMW. Deux groupes qui sont déjà bien installés outre-Rhin grâce à leur plateforme respective Car2Go et DriveNow. Et la tâche va être d’autant plus compliquée pour Volkswagen que BMW et Daimler ont décidé, en mars dernier, de fusionner leurs services. L’alliance compte déjà ainsi plus de 4 millions d’utilisateurs, une flotte de 20 000 véhicules et a investi 31 villes allemandes. Son hégémonie sur le marché allemand avait même contraint PSA en 2017 a abandonné Multicity, son service de car sharing qu’il proposait à Berlin depuis 5 ans.

Une flotte 100% électrique d’ici 2019

Pour mener à bien le déploiement de son service de free floating, Volkswagen a prévu de proposer une flotte 100% électrique. Berlin, première ville où le service sera proposé, devrait accueillir 1 500 e-Golf à compter du deuxième trimestre 2019. La flotte devrait être complétée à terme de 500 e-Up, la mini-citadine électrique du groupe. Les véhicules seront ainsi disponibles à la demande dans les rues berlinoises, à l’image de ce que faisait à Paris la toute récente retraitée Autolib.
Le constructeur allemand, qui peut s’appuyer sur un excellent résultat financier en 2017, prévoit également de proposer d’autres solutions de mobilité. Bien qu’ils soient toujours en phase de conception, le scooter Streemate et la trottinette Cityskater pourraient également rejoindre les 1 500 e-Golf déjà présentes. Autant de services de mobilité non thermiques qui laissent à penser que Volkswagen veut faire du marché automobile électrique l’un de ses nouveaux défis. C’est également un moyen de faire face aux futures réglementations européennes en matière d’émissions de CO2 qui devraient, à terme, pousser les véhicules thermiques à l’extérieur des villes.
Et Volkswagen ne compte pas en rester là puisque le groupe originaire de Wolfsburg a annoncé le déploiement de We Share dans plusieurs autres villes allemandes de plus d’un million d’habitants à partir de 2020. Devraient suivre ensuite le reste de l’Europe et l’Amérique du Nord, si tout se passe bien.

Un plan ambitieux consacré aux services à la mobilité

Le nom de We Share n’est pas un hasard puisqu’il fait directement référence à Volkswagen We, la marque du constructeur qui est dédiée aux nouveaux services et formes de mobilité. Un choix logique, dans la mesure où Volkswagen compte rassembler plusieurs services atour d’une seule et même plateforme. Après l’autopartage We Share, ce sont le service de livraison et l’aide à la recherche d’une place de stationnement qui pourraient suivre. Autant de services de mobilité qui vont très certainement partager leur plateforme avec MOIA, l’offre VTC du constructeur allemand.
Pour atteindre cet objectif, Volkswagen se donne les moyens. En effet, le groupe a annoncé un plan d’investissement de 3,5 milliards d’euros jusqu’à 2025 pour développer son expertise numérique. L’objectif est de créer une plateforme unique permettant de connecter l’ensemble de ses véhicules, de ses utilisateurs et de ses services. Baptisée One Digital Platform, cette interface a aussi pour mission d’assurer la création d’une flotte de voitures entièrement connectées. Preuve que le constructeur prend le sujet très au sérieux, il a déjà présenté en 2017 son premier véhicule dédié uniquement à l’autopartage. Appelé MOIA, en référence au service de VTC éponyme, il s’agit d’un monospace électrique avec chauffeur. Avec l’ensemble de ses nouvelles solutions de mobilité, Volkswagen annonçait même en juin dernier qu’il escomptait réaliser plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2025.

L’autopartage, un pari sur l’avenir

Si les constructeurs commencent à se jeter à corps perdu dans le monde de l’autopartage, ce n’est pas sans raison. Volkswagen, Renault, Nissan, BMW ou PSA pour ne citer qu’eux ont d’ailleurs largement fait parler d’eux durant l’été. Pourtant, le marché est encore loin d’être rentable. Sans compter qu’il met davantage en avant la mobilité, au détriment de la propriété. La voiture serait-elle devenue un simple moyen de transport pour les constructeurs ? Non, loin de là ! En réalité, les groupes ont la volonté d’être présent sur un marché dominé par plusieurs marques de mobilité. Aujourd’hui, on ne roule plus en Peugeot ou en Renault, on utilise Uber, Blablacar ou encore, d’ici peu, Moov’in.Paris. Pour les constructeurs, l’autopartage semble donc être une façon de resacraliser la marque et d’être de nouveau présent dans le paysage automobile urbain.
Mais l’autopartage, c’est aussi un pari d’avenir. Selon une étude menée par PwC Autofacts, un tiers des déplacements seront partagés à l’horizon 2030. Conséquences, le parc automobile pourrait largement chuter en Europe et aux États-Unis, passant respectivement de 270 à 212 millions de voitures sur le Vieux Continent et de 280 à 200 millions au pays de l’Oncle Sam. Si l’autopartage ne concernait encore que 5,8 millions d’utilisateurs en 2016, cette nouvelle solution de mobilité ne devrait pas tarder à véritablement exploser. D’où l’importance pour les constructeurs d’être déjà présents au moment où cela se produira.

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