Et si internet devenait la nouvelle concession automobile

Internet : le nouveau point de vente de l’automobile ?

La nouvelle est tombée durant l’été, le groupe PSA vend désormais ses voitures neuves en ligne. Derrière cette annonce qui fait grand bruit, notamment auprès des concessionnaires, se cache une réalité nouvelle : internet pourrait devenir un lieu privilégié pour la vente de véhicules neufs et d’occasion. L’occasion de nous pencher sur ce phénomène, de le comprendre et de mieux cerner les forces en présence.

Vendre une voiture en ligne, ce n’est pas une première en Europe

Avant PSA, d’autres acteurs avaient investi internet pour vendre des véhicules. Mais jusqu’à présent, ce sont principalement les voitures d’occasion que l’on retrouvait sur la toile. À l’image d’Aramis Auto, de nombreuses entreprises se sont spécialisées ces dernières années dans la vente de véhicules d’occasion par internet.
Mais depuis quelques temps, les constructeurs ont aussi commencé à s’y mettre. En novembre 2016, c’est notamment Fiat Italie qui avait fait parler en s’associant à Amazon. Durant 6 mois, le constructeur italien proposait trois modèles neufs (Fiat 500, Panda et Fiat 500L) sur la plateforme marchande. Pour motiver les clients à franchir le pas, des réductions allant jusqu’à 28% ont été appliquées. Pour autant, le point de vente physique n’était pas totalement écarté du processus. Après avoir acheté son véhicule en ligne, le consommateur italien devait choisir une concession du groupe où retirer son achat. Selon une enquête citée par le constructeur, Fiat a fait ce choix car 50% des Italiens étaient prêts à acheter une voiture en ligne, mais que 97% préféraient malgré tout aller la récupérer en concession. Preuve du succès de cette opération, elle a été renouvelée en mars 2017.
Nos autres voisins européens ont également de l’avance en la matière. Depuis l’année dernière, Volkswagen vend l’intégralité de ses modèles sur internet au Danemark. Au Royaume-Uni, c’est Hyundai le principal acteur de la vente auto en ligne. Quant à l’Allemagne, Smart y propose ses voitures sur internet depuis déjà quelques années.

PSA et la vente en ligne : la fin de la concession traditionnelle ?

Face aux nombreux constructeurs tentant l’aventure en ligne, que ce soit en Italie, en Angleterre ou même en Allemagne, PSA a donc fait le choix cet été de franchir le pas. Convaincu que la commercialisation automobile doit se digitaliser, le groupe automobile propose des modèles Peugeot, Citroën et DS en ligne pour le marché français. Pour cela, les principaux sites ont été revisités, à l’image de Peugeot Webstore et de Citroën Carstore. Alors que ces plateformes permettaient uniquement de connaitre les modèles d’occasion disponibles dans les concessions proches, les internautes peuvent désormais commander sur internet leur nouveau véhicule neuf. Après avoir choisi son véhicule et l’avoir personnalisé, le client doit consigner la somme de 500€. Le reste de la facture devra être payé au moment de la livraison du véhicule auprès du concessionnaire.
Mais une question se pose : pourquoi PSA, et d’autres constructeurs, font le choix de passer par internet pour vendre désormais ? A priori, il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, le groupe tricolore met en avant le fait que 90% de ses clients commencent leur parcours d’achat sur internet. Offrir la possibilité d’acheter une voiture en ligne semble donc être en accord avec les pratiques actuelles. De plus, les constructeurs doivent faire face à une concurrence de plus en plus féroce. Qu’il s’agisse des mandataires, de la vente entre particuliers ou encore des sites spécialisées sur la vente de véhicules d’occasion, les points de vente potentiels ne cessent de se multiplier. Plus grave encore, certains de ces acteurs proposent des prix défiant toute concurrence, pouvant parfois même afficher un tarif 30% moins cher sur un modèle neuf. Mais passer par internet pour vendre ses voitures, c’est aussi l’occasion de diminuer ses coûts de fonctionnement. C’est notamment l’une des motivations de Volkswagen qui entend réaliser environ 10% d’économie sur son réseau de distribution grâce à un site e-commerce.
Pour autant, la concession traditionnelle est loin de disparaître, très loin même. À l’image de Fiat, PSA fait également intervenir les concessionnaires pour la livraison des véhicules vendus en ligne. Le groupe hexagonal essaie même de fédérer ses concessions autour du e-commerce grâce à deux arguments majeurs : recevoir de nouveaux clients « sur un plateau » et avoir moins de papiers à gérer. Même Polestar, la filière électrique haut de gamme de Volvo, n’entend pas se passer de points de vente physiques. Alors que le tout nouveau constructeur compte lui aussi commercialiser ses voitures sur internet, des showrooms devraient malgré tout voir le jour en ville.

Amazon, futur géant de la vente automobile online ?

Mais la petite révolution qui s’opère actuellement pourrait prendre de nouvelles proportions avec l’arrivée d’un nouvel acteur : Amazon. Ces derniers mois, le géant du e-commerce n’a pas caché ses intentions de s’attaquer au marché de la distribution automobile en Europe.
L’entreprise américaine a tout d’abord ouvert une plateforme de référencement automobile permettant de comparer des milliers de modèles. Baptisé Amazon Vehicles, ce service a d’ailleurs déjà été utilisé par Seat et Fiat pour de la vente en ligne. Un expert du nom de Christoph Moeller a ensuite été nommé comme superviseur de la section automobile. Pour accélérer le mouvement, il semblerait également que Amazon investisse des sommes colossales pour s’ouvrir les portes du marché européen. Selon toute vraisemblance, c’est d’ailleurs le Royaume-Uni qui serait le premier terrain à conquérir pour le géant du commerce en ligne.
À l’heure actuelle, les informations à avoir filtrées sont peu nombreuses. Est-ce que cela concernera des modèles neufs ou d’occasion ? Est-ce qu’il y aura aussi des essais de voiture ? Comment va se dérouler la livraison ? Quelle sera la politique tarifaire pratiquée ? Autant de questions que la plupart des acteurs du monde automobile se posent. Face à un géant tel que Amazon, les cartes de la distribution automobile pourraient en effet être totalement redistribuées. Et avec un marché européen au beau fixe, tout semble propice à l’arrivée de l’Américain.

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