Le GPL va-t-il faire son grand retour en France ?

  1. voiture gpl

Après avoir abandonné ce type de motorisation il y a quelques années, Dacia a fait le choix de renouer avec le GPL (pour gaz de pétrole liquéfié) en juillet 2017. À la fois économique et plus respectueux de l’environnement, ce carburant présente de nombreux avantages pour les constructeurs comme pour les automobilistes. Pourtant, les Français ont depuis longtemps tourné la page, notamment en raison de la mauvaise réputation du gaz de pétrole liquéfié. Mais une question se pose : est-ce que 2018 pourrait être l’année du retour du GPL dans l’Hexagone ? Plusieurs éléments semblent le laisser croire.

Le GPL et les Français, les raisons du désamour

Malgré ses avantages avérés, le GPL n’a jamais vraiment séduit en France. Pour preuve, on compte environ 262 000 voitures utilisant ce carburant sur notre sol… contre plus de 14 millions en Europe. À titre d’exemple, le GPL représente 30% des ventes automobiles en Italie. D’après le Comité Français du Butane et du Propane (CFBP), on compte même 2,8 millions de véhicules en Pologne et 4 millions en Turquie. Alors que le nombre de voitures GPL mises en circulation en Europe a grimpé de 40% en seulement 5 ans, la tendance est inverse en France. Il s’est écoulé environ 75 400 voitures à gaz sur notre territoire en 2010, contre seulement 324 en 2016. Mais comment expliquer ce désamour ?
Le premier problème du GPL vient de sa mauvaise réputation. Autrefois, les véhicules à gaz étaient considérés comme dangereux, notamment ceux qui n’étaient pas munis de soupape, dans la mesure où leur réservoir pouvait prendre feu et exploser. Cette mauvaise image a persisté au fil des années, alors même que ce type de risque n’existe plus. Les panneaux interdisant l’accès aux parkings pour les véhicules GPL a aussi contribué à la persistance de cette réputation. Pourtant, le danger est inexistant depuis de nombreuses années maintenant.
Les pouvoirs publics ont aussi une part de responsabilité dans l’abandon du GPL en France. Après avoir mis en place un bonus de 2 000€ en 2008, plus de 100 000 véhicules à gaz ont été vendus en seulement 2 ans. Mais par la suite, le gouvernement a finalement fait le choix de supprimer cette aide, faisant considérablement reculer le nombre de ventes.
Derniers responsables : les constructeurs. Que ce soit Peugeot, Volkswagen ou encore Citroën, les groupes automobiles ne proposent pas ou très peu de véhicules à gaz en France. La raison ? Pour la plupart, ils considèrent que le GPL a eu sa chance et qu’il est préférable de s’intéresser à des technologies de rupture, comme l’électrique par exemple. Mais les choses semblent être en train de changer.

Le GPL, un carburant qui mériterait qu’on l’aime

Si certains constructeurs ont décidé de nous faire à nouveau aimer le GPL, ce n’est pas sans raison. Il faut dire que ce carburant dispose de nombreux arguments chocs pour nous convaincre, notamment d’un point de vue financier. À la pompe, on le trouve à partir de 70 centimes du litre, contre 1,25€ pour le diesel et 1,40€ pour le SP98. Bien qu’une motorisation gaz consomme en moyenne entre 10% et 20% de plus qu’une motorisation thermique, cela permet de réduire son budget carburant d’environ 25% en moyenne. Et à l’achat, la différence de prix entre un modèle thermique et un modèle gaz est relativement limitée : comptez entre 700 et 900€ de plus pour un modèle Dacia par exemple. Sous certaines conditions, l’achat d’un véhicule GPL permettra même de bénéficier de la nouvelle prime à la conversion, soit 1 000€ pour les ménages imposables et 2 000€ pour les non imposables.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le GPL est accessible très facilement. Grâce à plus de 1 750 stations le distribuant en France, dont la quasi totalité de celles situées sur l’autoroute, il est relativement simple de se réapprovisionner. Et dans le cas où ce ne serait vraiment pas possible, l’automobiliste peut toujours rouler en essence, dans la mesure où tous les véhicules GPL sont en bi-carburation.
Mais c’est d’un point de vue environnemental que le GPL est une vraie bonne idée. Étant donné qu’il n’émet pas de NOx ou de particules, un véhicule à gaz va produire 15% de CO2 en moins en moyenne qu’une voiture essence. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’ensemble du parc GPL dispose de la pastille Crit’Air 1, permettant à son propriétaire d’éviter les éventuelles restrictions de circulation en cas de pollution.

Dacia : un constructeur qui fait le pari du GPL en France

Avec la hausse du prix du pétrole, les considérations écologiques, les futures réglementations encadrant les émissions de CO2 et l’importance du pouvoir d’achat, certains ont bien compris que le GPL avait toute sa place en France.
Le premier à monter au créneau a été Dacia. Il faut dire qu’en 2008, au moment de l’inauguration de la prime de 2 000€, le constructeur a dominé le marché avec la Sandero et le Duster. Mais il a finalement abandonné cette voie à cause de l’abandon du bonus en 2010. C’est donc en juillet 2017 que Dacia a annoncé que toute sa gamme serait dorénavant disponible avec une bi-carburation GPL et essence. Et pour convaincre ses clients, la filiale de Renault a un argument de poids : les versions GPL profitent d’un bonus-malus beaucoup plus avantageux que les mêmes versions en thermique. À titre d’exemple, le malus du Duster SCe 115 passe de 860€ à seulement 73€ pour le modèle GPL.
Hormis Dacia, peu de constructeurs proposent des modèles GPL en France. On peut malgré tout citer Fiat qui, lui, n’a jamais abandonné les moteurs bi-carburation. Si la Tipo et ses déclinaisons (Berline, 5 portes et Station Wagon) sont les plus réputées, d’autres modèles à gaz sont proposés par le constructeur italien, à l’image de la Panda, de la Punto et de la 500L. Toutefois, la différence de prix entre un modèle thermique et GPL est plus importante que chez Dacia : il faudra compter en moyenne 1 500€ de surplus. Est-ce suffisant pour que les véhicules à gaz fassent véritablement leur retour en France ? A priori non, l’offre étant encore trop limitée… à moins que d’autres constructeurs ne décident d’emboiter le pas de Dacia. Affaire à suivre.

4 Comments

    • Complètement faux par exemple à Aix quasiment toutes les stations et grandes surfaces en ont, à Toulouse c’était un peu plus compliqué juste une question d’organisation. Beaucoup d’intermarché en ont

  1. Bonsoir
    Je trouve regrettable que l’on ne parle que de l’électrique et jamais du GPL alors qu’en théorie seul le ce dernier peut permettre de préserver le plaisir de conduire un véhicule à motorisation puissante.
    Je cherchais moi même à acheter un SUV roulant au GPL et les seules offres que j’ai pu trouver sont des Pick up américains importés.
    Je pense que le Lobby de l’électrique est très actif pour limiter la communication sur le GPL.

  2. Problème : au fur et à mesure des rénovations, les pétroliers semblent partis pour supprimer les pompes GPL de leurs stations d’autoroutes (alors qu’elles en était toutes équipées jusqu’à maintenant )

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