Les Français et la voiture connectée : une histoire qui roule ?

  1. avis des français sur la voiture connectée

À travers l’étude Connected Car dont il vient de publier les résultats, l’institut de sondage Kantar TNS nous révèle la relation qu’entretiennent les automobilistes avec la voiture connectée. Composée d’un panel de plus de 8 500 propriétaires d’un véhicule connecté en Europe, en Chine et en Amérique du Nord, cette enquête décrypte et analyse les comportements et les opinions des conducteurs vis-à-vis des voitures dites intelligentes et de leurs fonctionnalités. Si les enseignements sont nombreux, on retient surtout que les Français ne semblent pas encore totalement convaincus par cette technologie. Explications.

Une connectivité qui séduit partout… sauf en France

L’étude de Kantar TNS nous apprend tout d’abord que 63% des interrogés comprennent l’intérêt d’acheter une voiture connectée. Un chiffre qui doit rassurer les constructeurs du monde entier étant donné les investissements annoncés dans ces technologies. Selon le cabinet d’audit PWC, le marché des services et technologies connectés pour l’automobile devrait représenter environ 113 milliards d’euros d’ici 2020. Même les conducteurs français semblent, à première vue, apprécier ces technologies, dans la mesure où ils sont 74% à utiliser au moins une fonction connectée de leur véhicule.
Mais lorsqu’on y regarde de plus près, les choses se gâtent. Toujours selon l’enquête Connected Car, seulement 47% des propriétaires français d’un véhicule connecté sont convaincus de l’intérêt d’acheter un tel véhicule. Ils sont même seulement 42% à penser renouveler leur choix de véhicule à l’avenir. Plus grave encore, 26% des Français n’utilisent pas les fonctionnalités connectées de leur voiture ou vont même jusqu’à ignorer leur existence. Un résultat d’autant plus alarmant lorsqu’on sait que les constructeurs essayent principalement de se différencier les uns des autres grâce à leurs technologies et autres services.

Des conducteurs prêts à payer… mais pas pour n’importe quelles fonctionnalités

Les voitures connectées offrent potentiellement de très nombreuses fonctionnalités. Mais lorsqu’on interroge leurs propriétaires, on s’aperçoit que ce sont les services de navigation qui sont les plus importants à leurs yeux. Géolocalisation de la voiture, trafic en temps réel… autant de fonctionnalités pour lesquels 67% des sondés seraient prêts à payer. Viennent ensuite d’autres services utilitaires, comme l’assistance automatique (appel d’urgence, programme d’assistance, etc.), la sécurité (ouverture via Smartphone, antivol, etc.), l’entretien (alerte de maintenance, diagnostic à distance, etc.) et l’assistance à la conduite (aide au stationnement, alerte vitesse, etc.). Quant aux fonctions appartenant au domaine de l’infotainment (musique en streaming, emails, etc.), seulement la moitié des interrogés serait prête à payer. L’autre moitié préférerait plutôt utiliser les différentes applications de leur Smartphone.
Le constat est moins vrai en France, dans la mesure où les automobilistes sont moins nombreux à accepter de payer pour des services connectés. Ainsi, ils sont 56% à accepter de débourser de l’argent pour des services de navigation (contre 67% pour l’ensemble du panel) et seulement 30% pour de l’infotainment. On remarque toutefois que les propriétaires de marque haut de gamme sont plus enclins à adopter les fonctionnalités connectées proposées par les constructeurs. Pour preuve, 63% des propriétaires français d’une voiture prémium sont prêts à payer pour des services de navigation (contre 74% pour l’ensemble des propriétaires d’un véhicule haut de gamme).

Une connectivité qui doit être synonyme de sécurité

La connectivité des véhicules soulève un autre point : la protection des données personnelles des automobilistes. Même si la situation n’est pas idyllique en la matière, les constructeurs automobiles bénéficient d’une confiance bien supérieure aux multinationales d’internet. En effet, 42% des propriétaires français d’un véhicule connecté accordent leur confiance aux groupes automobiles pour leurs données personnelles, contre seulement 9% pour des sociétés comme Facebook et Google. Un élément dont les marques doivent impérativement tenir compte, d’autant plus avec l’application imminente de la GDPR (réglementation européenne sur la protection des données).
Au-delà de la protection des données, les voitures connectées doivent aussi permettre d’améliorer la sécurité. Pour preuve, 32% des automobiles tricolores interrogés expriment un intérêt pour les services connectés capables d’améliorer la sécurité des passagers. Et pour que ces fonctionnalités soient adoptées par les conducteurs, l’expérimentation est incontournable. Celle-ci devant à la fois permettre la compréhension de la fonctionnalité et un usage simple et intuitif.

Le futur de la voiture connectée sera… chinois

L’étude menée par Kantar TNS nous apprend également l’attrait d’un pays en particulier pour les innovations automobiles : la Chine. Pour preuve, près de 4 interrogés chinois sur 5 se disent intéressés par les innovations en matière de voiture hybride et électrique (contre seulement 48% pour les français). Le constat est encore plus frappant en ce qui concerne la voiture autonome : 75% des chinois s’intéressent à cette technologie, contre seulement 35% pour les répondants tricolores.
En matière de voiture connectée, les usagers chinois sont également en avance sur leurs homologues français. Effectivement, 65% des Chinois possèdent un service d’aide à la navigation (40% des sondés français) et 40% montrent un intérêt pour l’infotainment (13% en France).
Quant à la voiture autonome et ses nombreuses fonctionnalités, entraperçues notamment au CES de Las Vegas 2018, elles devraient aussi se démocratiser plus rapidement au sein de l’Empire du Milieu. L’enquête nous apprend en effet que seulement 14% des Chinois qui ont connaissance des solutions de conduite autonome ne sont pas intéressés par cette technologie. Ce résultat monte à 42% à l’échelle du panel et même à 55% pour les seuls répondants tricolores. Certainement une nouvelle preuve de notre célèbre frilosité vis-à-vis du changement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *