Ces femmes qui évoluent dans un monde d’hommes

  1. Femmes influentes dans le monde de l'automobile

Ce n’est une surprise pour personne : l’automobile est un univers très largement masculin. Et pour cause, on estimait en 2015 que seuls 15% des CV reçus par le secteur en France étaient envoyés par la gent féminine. Pourtant, certaines femmes ont su s’imposer dans ce monde d’hommes, au point de créer des vocations. À l’occasion de la journée de la femme qui s’est déroulée le 8 mars, dressons le portrait de ces femmes d’affaires qui ont su conquérir l’automobile.

Annette Winkler, la précurseure

Difficile de parler des femmes qui marquent l’automobile de leur empreinte sans aborder le cas d’Annette Winkler. Pourtant, le parcours de l’Allemande était loin d’être tout tracé. La jeune femme fait ses premiers pas dans le monde du travail au sein d’une entreprise de travaux publics. Elle y restera pendant 11 années, avant de s’essayer à l’automobile. À partir de 1995, Annette Winkler multiplie les expériences, notamment chez Mercedes-Benz et Daimler, avant de devenir directrice de Daimler Chrysler pour ses filiales en Belgique et au Luxembourg. Ce poste d’envergure lui ouvre alors d’autres portes, si bien qu’elle est nommée directrice générale de Smart en 2010. Véritable précurseure, Annette Winkler devient ainsi la toute première femme à diriger une marque automobile. Son parcours incitera d’autres femmes à suivre son exemple, à l’image de Mary Barra…

Mary Barra, une femme d’influence

Nous sommes le 10 décembre 2013 : Mary Barra est nommée directrice générale de General Motors. À cette occasion, l’Américaine devient la première femme à prendre la tête d’un grand constructeur automobile. Il faut dire que l’automobile a toujours été une vocation pour la femme d’affaires. Élevée par un père qui a été ouvrier chez Pontiac pendant 39 années, Mary Barra se passionne très vite pour l’automobile. Au point d’entamer des études d’ingénieur et de faire ses premiers pas chez General Motors en 1980. Dès lors, elle ne quittera plus l’entreprise et touchera un peu à tout, passant d’ouvrière à la gestion des ressources humaines, jusqu’à la direction de sa propre usine. Preuve de son succès, Mary Barra se classait en 5ème position des femmes les plus puissantes du monde en 2017 selon Forbes.

Linda Jackson, l’automobile depuis toujours

Pour Linda Jackson, l’automobile est également une évidence. À seulement 17 ans, la jeune anglaise obtient un travail d’été au sein du groupe Rover. C’est une véritable révélation et elle décide, de manière temporaire, de mettre ses études de côté afin de poursuivre sa carrière dans ce secteur alors largement masculin. D’Austin Rover à Jaguar, en passant par Land Rover, Linda Jackson multiplie les expériences au sein des pôles financiers. Sa persévérance lui vaut de diriger la filiale Rover en France pendant 5 ans. Elle décide finalement de quitter le groupe anglais pour rejoindre Citroën. C’est finalement en juin 2014 que Linda Jackson est nommée directrice générale du groupe tricolore, en remplacement de Frédéric Banzet. Une première en France.

Laura Schwab, la relève

Si Annette Winkler, Mary Barra et Linda Jackson sont les seules femmes à diriger une marque automobile à l’heure actuelle, Laura Schwab est très bien placée pour prendre la relève. Après avoir débuté sa carrière professionnelle au sein d’une start-up high tech, la jeune femme rejoint la maison Land Rover dès 2001. Pendant 14 ans, Laura Schwab enchaine les postes (communication, ventes, marketing, etc.) et devient notamment directrice marketing chez Jaguar Land Rover. Cette expérience lui vaut d’être nommée présidente de la filiale américaine d’Aston Martin en 2015. Depuis maintenant 3 ans, cette passionnée d’automobile promeut le constructeur britannique aux quatre coins du continent américain, du Canada au Mexique, en passant par les États-Unis. De là à prendre la tête d’Aston Martin monde, il n’y a qu’un pas.

Elena Ford, la succession est assurée

Avec un nom pareil, difficile pour Elena Ford de ne pas travailler dans le monde de l’automobile. Arrière arrière petite-fille de Henry Ford, la jeune femme ne s’est jamais imaginée ailleurs qu’au sein de l’entreprise familiale. C’est le cas d’ailleurs pour la plupart des Ford, comme le prouve William Clay Ford, actuel président du conseil d’administration du constructeur américain. Celle qui se revendique comme étant une « Ford Girl » a vu ses efforts récompensés en 2013 lorsqu’elle fut nommée vice-présidente de l’entreprise. Son poste lui vaut d’être responsable du marketing et des ventes de Ford dans le monde entier. De quoi rendre Henry Ford pour le moins fier.

Et les autres femmes, alors ?

Bien que l’on puisse également citer Trista Schieffer ou encore Trudy Hardy, le nombre de femmes occupant un poste d’envergue dans l’univers automobile est encore très limité. Il faut dire que les clichés ont la vie dure et que le rôle de la gent féminine est bien souvent réduit à celui d’hôtesse, comme au Salon de Genève 2018 par exemple.
Mais lorsqu’on sait qu’environ 40% des acheteurs automobiles sont en réalité des acheteuses, le secteur aurait tout intérêt à se féminiser. Les constructeurs semblent d’ailleurs l’avoir compris. Pour preuve, les choses tendent à changer, comme le prouve la part croissante de femmes occupant le poste de vendeuse automobile. Les initiatives des constructeurs pour embaucher des femmes sont également nombreuses, à l’image de Renault qui compte trois femmes au sein de son comité exécutif. Mais avant d’atteindre la parité, faut-il encore régler le principal problème : le nombre trop faible de candidates, notamment à cause d’un manque de vocation pour le secteur. Une nouvelle preuve que pour changer les choses, il faudra avant tout changer les mentalités.

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