Camion Semi de Tesla : projet révolutionnaire ou simple illusion ?

  1. Camion Semi de Tesla

C’était en novembre dernier : Tesla présentait Semi, un camion électrique qui promettait de révolutionner le transport de marchandises. Après plusieurs mois de silence, laissant à penser que l’aventure poids lourd n’était pas vraiment d’actualité, la société d’Elon Musk a surpris son monde en annonçant d’importantes commandes. Et si finalement le Tesla Semi était vraiment le camion du futur ? Éléments de réponse.

Tesla Semi, un camion électrique qui veut révolutionner son monde…

Alors que de nombreux experts affirment déjà depuis quelques temps que Tesla va faire faillite, la firme californienne continue ses investissements massifs. Après avoir consacré beaucoup d’énergie au développement de la voiture autonome, Elon Musk dévoilait à la presse Semi, un camion 100% électrique, le 16 novembre dernier.
Sur le papier, le moins que l’on puisse dire c’est que le camion a de quoi donner envie aux chauffeurs routiers. Équipé de 4 moteurs électriques indépendants, Semi serait en mesure d’atteindre les 105 km/h. Quant au 0 à 100 km/h, il pourrait être réalisé en seulement 5 secondes sans semi-remorque (comptez 20 secondes avec la remorque et le chargement). Cette performance ferait de Semi le camion le plus rapide au monde, rien que ça. Notons également que le poids lourd devrait être équipé d’une transmission d’un nouveau genre qu’il ne faudrait remplacer que tous les 1,6 million de kilomètres.
Côté autonomie, le Tesla Semi pourrait rouler pendant près de 800 km. Cette prouesse serait rendue possible grâce à ses batteries se rechargeant à l’aide de l’énergie cinétique dégagée lors du freinage. À en croire le constructeur, il ne faudrait d’ailleurs que 30 minutes pour récupérer 640 km d’autonomie grâce à des bornes de recharge bien spécifiques. Un élément qui pourrait convaincre les flottes de camion, dans la mesure où le coût énergétique d’un tel véhicule serait deux fois moins important que celui d’un camion diesel. Tesla annonce même que Semi permettrait d’économiser environ 160 000€ tous les 1,6 million de kilomètres. Rajoutez à cela un design pour le moins futuriste, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et vous obtenez un poids lourd qui pourrait révolutionner le secteur du transport de marchandises. C’est en tout cas l’objectif de Tesla qui a annoncé, lors de cette conférence de presse, que la production de Semi débutera dès 2019.

… mais qui soulève de nombreuses questions

Aussi louables soient les intentions de Tesla, peu de personnes croyaient en la commercialisation de Semi lors de sa présentation à la presse. Bien que la société californienne ait ouvert le carnet de commande et fixer le montant d’acompte à 5 000$, les questions sur la faisabilité du projet allaient bon train. Quel serait le montant de Semi ? Comment atteindre les 800 kilomètres d’autonomie ? Comment installer des bornes de recharge rapides spécifiques ? Est-il possible de croire en Semi alors que la Model 3 peine toujours autant à être produite et commercialisée ? Autant de questions soulevées par l’hypothétique camion électrique d’Elon Musk.
Malgré les doutes, Tesla a multiplié les essais sur route ouverte à partir de janvier. Pendant les 4 derniers mois, Semi a été aperçu dans les rues et sur certains axes américains. S’il a troqué ses caméras pour des rétroviseurs plus traditionnels, le prototype reste bel et bien 100% électrique. De quoi lever les doutes sur la faisabilité du projet ? Les principaux concernés semblent partagés sur la question.

Semi a déjà trouvé ses clients… et ses détracteurs

Si les essais sur route n’ont pas forcément convaincu les spécialistes, de nombreuses entreprises de transport, elles, se sont laissées séduire. L’un des premiers à croire dans le projet a été Anheuser-Busch InBev, l’un des plus grands brasseurs de bière au monde, qui a annoncé dès la mi-janvier commander 40 Semi. Le lendemain, c’était au tour du service de distribution alimentaire Sysco de confirmer une commande de 50 camions électriques Tesla. Ces derniers viendront rejoindre la flotte de 7 000 véhicules déjà en circulation de l’entreprise. À cette occasion, le groupe estimait l’investissement compris entre 7 et 10 millions de dollars.
Ces deux premières commandes ont alors créé un effet de masse, un peu à l’image de ce qui a pu se produire avec la Model S. Si bien que c’était ensuite au tour de UPS de commander pas moins de 125 exemplaires. Pepsi et Bee’ah (entreprise de gestion des déchets aux Émirats arabes unis) ont également passé d’importantes commandes par la suite. Le dernier client en date ? C’est FedEx qui, en avril, a déclaré avoir commandé 20 camions Tesla. Entre temps, Tesla a annoncé travailler avec ses futurs clients sur le développement et la fabrication des systèmes de recharge rapide. L’objectif serait d’installer des bornes spécifiques sur les sites où les futurs camions électriques seraient stockés. Ces bornes seraient également mises en place sur les grands axes que les flottes empruntent au quotidien.
À voir le pedigree des entreprises qui font confiance au constructeur, de nombreux observateurs veulent être optimistes quant à la faculté de Tesla à tenir ses engagements. Pour d’autres, la situation ressemble étrangement aux problèmes rencontrés avec la Model 3, un modèle que Tesla a été incapable de produire et de livrer en temps et en heure. Il faut dire que deux éléments viennent appuyer cette thèse : l’outil industriel pour fabriquer Semi n’existe pas encore et ce type de commande peut tout à fait être annulé si nécessaire. Il ne nous reste plus qu’à attendre fin 2019 pour découvrir si le Tesla Semi est un projet d’avenir ou une simple illusion.

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